Les « princes » et « princesses » celtes du 1er âge du fer, une dynastie au fonctionnement matrilinéaire ?

Une reconstruction virtuelle du tumulus de Hochdorf en Allemagne. (Crédit image : © Landesamt für Denkmalpflege im Regierungspräsidium Stuttgart, O. Braasch)

Selon l’étude publiée lundi 3 juin dernier dans la revue Nature Human Behaviour, une analyse d’échantillons d’ADN suggère que l’élite celtique du 1er âge du fer aurait pu être matrilinéaire.

Entre 600 et 400 avant notre ère, à l’âge du fer, des tumuli contenant des bijoux en or, des chariots et des marchandises de luxe ont été élevés (voir photos ⬇️) dans ce qui est aujourd’hui le sud-ouest de l’Allemagne, l’est de la France et la Suisse.

L’une des sépultures, surnommée la Dame de Ditzingen-Schöckingen, contenait des bijoux en or. (Crédit image : © Landesmuseum Württemberg, H. Zwietasch)

Les élites enterrées dans ces monticules exerçaient un immense pouvoir politique et religieux et sont souvent appelées « les princes et princesses celtiques ». Mais les chercheurs ne sont pas d’accord sur la question de savoir si ces personnes ont acquis leur statut grâce à leurs actions personnelles ou si elles en ont hérité.

Une reconstruction virtuelle montrant le contenu de l’un des tumulus « princier » d’Allemagne. (Crédit image : © Landesmuseum Württemberg, FaberCourtial ; Thomas Hoppe)

Dans l’étude qui vient de paraître, les chercheurs ont analysé l’ADN ancien de 31 squelettes provenant de sept sites funéraires caractérisés comme faisant partie de « l’élite » celtique. Ces sites sont datés du 6e au 5e siècle avant notre ère, et sont localisés dans une zone d’environ 100 kilomètres carrés au sud-ouest de l’Allemagne. L’objectif scientifique était de déterminer si des parentés génétiques pouvaient être trouvées entre ces 31 individus.

L’archéologue Dirk Krausse (attaché à la région de Bade-Wurtemberg) et ses collègues ont ainsi identifié deux hommes (enterrés dans des monticules voisins l’un de l’autre) qui étaient un oncle et un neveu par ascendance maternelle commune.

L’une des sépultures contenait un chaudron en bronze à anse décoré de lions. (Crédit image : Landesmuseum Württemberg, P. Frankenstein/H. Zwietasch)

Une femme et un homme enterrés dans des monticules distants d’environ 100km et de 100 ans dans le temps, pourraient eux avoir été une arrière-grand-mère et son arrière-petit-fils.

Deux autres échantillons étaient des personnes nées de parents cousins germains.

Les liens familiaux entre les tumuli suggèrent ainsi fortement un modèle de leadership héréditaire organisé en fonction de la lignée maternelle. Le pouvoir a pu être exercé par les hommes mais aussi probablement par les femmes, les très riches sépultures féminines dans la région témoignant de leur statut élevé.

Bâtiments et mur en briques crues reconstruits au bord du Haut-Danube en Allemagne. (Crédit image : Landesamt für Denkmalpflege im Regierungspräsidium Stuttgart, I. Rack)

Le modèle spécifique que les chercheurs ont découvert parmi les premières élites celtiques est appelé organisation avunculaire matrilinéaire.

Ainsi, cette étude génétique permet d’éclairer la nature du système politique celtique au 1er âge du fer, un système d’interconnexion familiale à travers le temps et l’espace, avec un degré élevé de complexité sociale et de hiérarchie régionale.

Sources : https://www.nature.com/articles/s41562-024-01888-7

https://www.livescience.com/…/early-celtic-elites…

Une vue plongeante du puits d’Alte Burg, qui abritait une sépulture masculine. (Crédit image : Landesamt für Denkmalpflege im Regierungspräsidium Stuttgart, ArcTron 3D GmbH)

Les armures de bronze mycéniennes, datées de 3500 ans, assez solides pour être utilisées durant la fameuse guerre de Troie ?

Photo artistique montrant la réplique de l’armure Dendra utilisée dans l’étude. Crédit photo : Andreas Flouris et Marija Marković. Photo credit: Andreas Flouris and Marija Marković (Flouris et al., 2024, PLOS ONE, CC-BY 4.0 creativecommons.org/licenses/by/4.0/)

Selon une étude scientifique d’archéologie expérimentale publiée (mercredi 22 mai) dans la revue PLOS One (lien en fin d’article ⬇️), des chercheurs ont pris une armure trouvée en 1960 par des archéologues à Dendra (un village situé près de ce qui était autrefois l’ancienne ville grecque de Mycènes) et ont recruté ensuite 13 soldats parmi les Forces spéciales grecques. Le but était d’éprouver la résistance de l’armure.

En effet, depuis des décennies, les archéologues se demandent si cette armure, qui comprend un casque en défense de sanglier et une « tunique » en plaques de bronze, était suffisamment solide pour le combat. [Voir photo de cette armure vieille de 3500 ans ⬇️]

« Mycenaean armour from chamber tomb 12 of Dendra » (Wikimedia Commons)

« Depuis sa découverte, la question demeure de savoir si l’armure était uniquement destinée à des fins cérémonielles ou à des fins de combat », a déclaré l’auteur principal de l’étude, Andreas Flouris, professeur de physiologie à l’Université de Thessalie en Grèce. « L’armure de Dendra est considérée comme l’une des plus anciennes armures complètes de l’âge du bronze européen. »

Les chercheurs ont ainsi équipé les soldats de répliques d’armures et d’armes (voir photos ⬇️), notamment des lances et des pierres. Ils leur ont demandé de réaliser une simulation de bataille, dans les conditions de l’âge du bronze. La simulation était basée sur des récits tirés de l’Iliade d’Homère, récit épique des 50 derniers jours de la Guerre de Troie.

Soldat des Forces spéciales grecques portant la réplique de l’armure de Dendra dans le cadre de l’étude scientifique expérimentale et frappant un bouclier avec une lance (Credit: Andreas Flouris and Marija Marković).

« Nous avons extrait les informations nécessaires pour créer un protocole de simulation de combat de la fin de l’âge du bronze, reproduisant les activités quotidiennes effectuées par les guerriers d’élite de la fin de l’âge du bronze », ont déclaré Flouris et ses collègues. « Par la suite, nous avons utilisé des données paléoclimatiques pour recréer les conditions environnementales de la fin de l’âge du bronze à Troie. »

Les recherches suggèrent que la température dans cette région à la fin de l’âge du bronze aurait été d’environ 18 à 20°, avec une humidité relative annuelle comprise entre 70 % et 80 %.

Haut : Géomorphologie de la zone autour de Troie à l’âge du bronze final.
En bas : Soldat des Forces spéciales grecques portant la réplique de l’armure de Dendra dans le cadre de l’étude scientifique expérimentale (droite) et une photo artistique (gauche). Photo credit: Andreas Flouris and Marija Marković (Flouris et al., 2024, PLOS ONE, CC-BY 4.0 creativecommons.org/licenses/by/4.0/)

Les scientifiques ont créé les répliques d’armure en utilisant un mélange de métaux dorés comprenant du cuivre et du zinc, l’alliage le plus proche du bronze d’origine. Une combinaison suivait les mesures exactes de l’artefact, jusqu’aux « dimensions, courbures et perforations de l’original » et pesait 23 kilos une fois terminée.

En plus de reproduire l’armure, les volontaires ont suivi un régime alimentaire similaire à celui d’un soldat mycénien prêt pour le combat, comprenant un repas composé de pain, de bœuf, de fromage de chèvre, d’olives vertes, d’oignons et de vin rouge.

« Fait intéressant, nos résultats pour la glycémie ont montré que le plan nutritionnel fournissait une énergie adéquate aux volontaires pour cette session de 11 heures », a déclaré Flouris.

Au cours des essais, les volontaires ont participé à diverses formes de combats, notamment des duels, des affrontements fantassins contre des chars, des duels à distance et aussi des confrontations entre des chars et des navires. L’équipe a découvert que l’armure ne limitait aucunement la capacité de combat du guerrier.

Cette simulation a ainsi prouvé aux chercheurs que cette armure de 3500 ans était adaptée et performante pour les contextes martiaux de l’époque.

« Il est clair qu’une armure de ce type était adaptée à une utilisation au combat, et pas seulement lors de cérémonies », ont déclaré Flouris et ses collègues. « L’efficacité et la variété des épées et des lances mycéniennes sont reconnues depuis longtemps.

L’ajout d’une armure « lourde » a pu donner aux guerriers mycéniens d’élite des avantages considérables par rapport à ceux qui possédaient seulement un bouclier pour se défendre ou qui possédaient l’armure « à écailles » plus légère et utilisée à l’époque au Moyen-Orient. »

D’autre part, les Mycéniens « comptaient parmi les soldats les mieux équipés » au cours de cette période, selon les chercheurs.

« Ces guerriers devaient être de redoutables adversaires », ont déclaré Flouris et ses collègues.

La Guerre de Troie a dû en effet être épique !

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Sources : Analysis of Greek prehistoric combat in full body armour based on physiological principles: A series of studies using thematic analysis, human experiments, and numerical simulations, PLoS ONE (2024). https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0301494

https://www.livescience.com/…/ancient-mycenaean-armor…

Révélations sur la tombe romaine d’Ovilava en Autriche !

Vue d’ensemble de la tombe 12 (ID 17) du site de Wels (Autriche) – a: sépulture double; b et c: emplacement dans le cimetière ; d: les deux pendentifs trouvés dans la tombe ; e: photo des squelettes humains trouvés ; f: photo du squelette équin trouvé. Crédit image : https://www.sciencedirect.com/…/pii/S2352409X2400107X…

En 2004, les archéologues autrichiens fouillent une tombe dans un cimetière de l’ancienne ville romaine d’Ovilava, aujourd’hui connue sous le nom de Wels dans la région de Haute-Autriche.

Trois squelettes, deux d’humains et un de cheval, ainsi que deux pendentifs dorés en forme de roue et de croissant de lune étaient trouvés. Le bras droit d’un des deux individus reposait autour de l’épaule de l’autre, indiquant un lien social et émotionnel fort entre les deux.

Une reconstitution artistique de la sépulture contenant deux femmes et un cheval, illustrant comment les corps ont pu être positionnés, à l’origine sur la carcasse avant que la fosse funéraire ne soit remplie. Crédit image : Jona Schlegel

Une première analyse avait classé la sépulture comme bavaroise datant du 6e au 7e siècle, sur la base de la profondeur de la tombe, d’une orientation ouest-est couramment observée dans les sépultures bavaroises et du fait que des Bavarois germaniques y vivaient au début du 7e siècle.

De nouvelles études publiées dans le numéro de mai du Journal of Archaeological, viennent « contredire » les interprétations faites en 2004 et apportent un nouvel éclairage sur les deux individus enterrés dans cette tombe.

Sylvia Kirchengast, professeur d’anthropologie évolutionniste à l’Université de Vienne, et principale auteure de l’étude, a déclaré : « Il s’agit du premier enterrement mère-fille génétiquement prouvé en Autriche à l’époque romaine ». « Nous réfutons également une idée fausse de longue date sur le fait qu’il s’agissait d’un couple ».

Grâce aux résultats de l’ADN, il a été formellement prouvé que les deux squelettes humains étaient deux femmes et non un homme et une femme. L’ADN a également établi que les deux femmes étaient parentes au premier degré, c’est-à-dire qu’elles étaient soit sœurs, soit mère et fille.

Dans la nouvelle étude, les chercheurs ont également réévalué les restes via une datation au radiocarbone. Ils ont découvert que les ossements appartenaient à des individus âgés de 20 à 25 ans et de 40 à 60 ans au moment de leur décès. La datation au radiocarbone a également établi que les deux femmes enterrées vivaient vers l’an 200 de notre ère (et non le 7ème siècle), lorsque l’Empire romain dominait la région.

D’autre part, la présence dans la tombe d’un cheval et de pendentifs en or suggère fortement que les deux femmes avaient un statut social élevé. Cela indique également qu’il s’agissait d’élites non romaines. « À notre connaissance, il est extrêmement rare que des Romains soient enterrés avec des chevaux. Ils n’étaient pas un ‘peuple de chevaux' », a déclaré l’autre auteur principal de l’étude, Dominik Hagmann, archéologue à l’Université de Vienne. Pour lui, ces deux femmes seraient issues d’une culture celtique encore existante à l’époque romaine. Les Celtes sont en effet connus pour enterrer les chevaux avec leurs propriétaires.

Et il existe d’autres signes indiquant que les défunts possédaient une relation spéciale avec les chevaux. « Le squelette plus âgé montre des signes d’équitation fréquente », a déclaré Kirchengast. « Peut-être que les deux femmes étaient des cavalières chevronnées. »

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Sources : https://www.sciencedirect.com/…/pii/S2352409X2400107X…

https://www.livescience.com/…/roman-era-skeletons…

Rare découverte d’un superbe casque antique en Croatie !

Le casque illyrien vieux de 2 500 ans a été trouvé posé au cœur d’une structure en pierre dans le tumulus du site de Gomile (Croatie). Crédit image : Marta Kalebota.

Un casque (voir photo ⬆️) daté du 5ème ou du 6ème siècle avant notre ère, a été découvert dans un tumulus, au sud de la péninsule de Peljesac, près du village de Zakotorac (en Croatie, à 70 km au nord-ouest de Dubrovnik). Le site se nomme Gomile.

Reconstruction en 3D montrant le tumulus de Gomile où le casque illyrien a été découvert par les archéologues. Crédit image : modèle de Miroslav Vuković.

Un casque similaire avait été trouvé sur la même zone en 2020 (voir photo ⬇️).

Casque illyrien trouvé en 2020 près de Zakotorac (Croatie). Image : Dubrovnik Museums.

Les archéologues associent les deux casques aux Illyriens, un ensemble de tribus localisées à l’est de l’Adriatique et dans les Balkans durant l’Antiquité.

Les deux casques ont pu être déposés dans le cadre d’un culte, longtemps après que les morts aient été enterrés, car la structure en pierre retenant le casque est séparée de toutes les autres tombes.

Selon l’archéologue Hrvoje Pottebica de l’Université de Zagreb : « Il s’agit de cadeaux votifs pour rendre hommage aux divinités ou aux personnes enterrées ici ». « Nous ne pensons pas qu’ils sont liés à une personne spécifique enterrée ici parce que le site contient les restes de dizaines de personnes », a-t-il ajouté.

Des bijoux, perles de verre, épingles et des broches ont également été découverts sur le site, tous rattachés à la culture illyrienne.

Ces dernières années, de nombreux monticules funéraires avaient été mis à jour dans la région et sur les îles voisines. Alors que la plupart restent encore non étudiés de façon approfondie, les résultats récents des sites de Zakotorac et de Nakovana suggèrent que ces sites devaient posséder une signification spirituelle particulière pour les Illyriens du 5ème siècle de la région.

Une photo aérienne montrant le tumulus de Gomile (Croatie) où le casque illyrien a été trouvé. Crédit image : Miroslav Vuković.

Ce groupe d’Illyriens a également pu contrôler les routes commerciales maritimes de la région.

En effet, à l’époque, certaines des colonies grecques les plus importantes de l’Adriatique étaient sur les îles croates modernes de Vis, Hvar et Korcula – juste en face de l’étroit canal de Peljesac, là où se trouvent les sites archéologiques illyriens.

Ces récentes découvertes et leurs futurs résultats aideront à comprendre l’histoire de cette partie de la Méditerranée, quasi seulement connue par les sources grecques ou romaines.

« Dans le passé, nous n’avions pas accès à ces données, nous n’avions que des sources anciennes issues des Grecs, nous avons donc vu ces communautés depuis un point de vue colonial [celui des Grecs anciens ou Romains], à travers les yeux de ceux qui sont arrivés ici », ajoute l’archéologue Hrvoje Pottebica.

Les tribus illyriennes, qui vivaient le long de l’est de l’Adriatique, depuis au moins 2000 ans avant notre ère, ont été envahies et vaincues par les Romains, au cours des dernières années du 1er siècle avant notre ère.

Les sites archéologiques semblent avoir été abandonnés à cette période, donc environ 500 ans après la période des casques trouvés.

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Sources : https://magazin.hrt.hr/…/na-peljescu-pronadena-grcko…

https://www.livescience.com/…/2500-year-old-illyrian…

https://www.euronews.com/…/archaeologists-unearth-greek…

Évènement !

#rencontre#évènement : Bélénion éditions participe au 6ème salon des éditeurs de la région Occitanie-Méditerranée-Pyrénées, les 1er et 2 juin prochains, à Albi !

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L’archéogénétique révèle de nouvelles infos sur les Avars !

Élément du trésor avar de Nagyszentmiklos (ou Sânnicolau Mare, Roumanie) qui représente un guerrier avar, aujourd’hui exposé au Kunsthistorisches, Vienne, Autriche. Photo de Wolfgang Sauber / Wikimedia Commons.

Les Avars, originaires d’Asie centrale de l’Est (voir cartes ⬇️), ont régné sur une grande partie de l’Europe centrale orientale durant un quart de millénaire, du 6ème au 9ème siècle de notre ère. Ils ont succédé au peuple beaucoup plus connu dans l’imaginaire collectif, les Huns.

Cartes extraites du premier article scientifique publié sur l’origine des Avars (https://www.sciencedirect.com/…/pii/S0092867422002677).

Pourtant, les Avars ont laissé l’un des héritages archéologiques les plus riches de l’histoire européenne, avec environ 100 000 tombes. Grâce à l’archéologie et aux témoignages écrits de leurs voisins contemporains, les chercheurs ont pu reconstruire certaines de leurs pratiques sociales et de leurs modes de vie.

Les connaissances historiques sur les Avars ont été transmises par leurs ennemis, principalement les Byzantins et les Francs (Charlemagne met fin à la domination avare aux alentours de 800). De fait, des informations manquaient sur l’organisation interne de leurs clans. Les femmes sont particulièrement sous-représentées dans les sources historiques, avec seulement trois maigres mentions.

Les chercheurs ont analysé un total de 424 individus enterrés dans le même cimetière et ont découvert que 300 étaient parents proches (1er et 2ème degré). Cela a permis la reconstruction de plusieurs familles génétiques, dont une qui s’est perpétuée sur neuf générations, c’est-à-dire environ 250 ans, révélant que les communautés avars pratiquaient un système de transmission patrilinéaire strict.

Sépulture d’un Avar avec des éléments de ceinture et d’une céramique, site de Rákóczifalva, Hongrie (8ème siècle) – Photo Courtelley Institute for Advanced Study.

Les femmes ont joué un rôle clé dans la promotion de la cohésion sociale, reliant les différentes communautés avars en se mariant en dehors de leur clan d’origine. Il s’agit là de la pratique systématique de l’exogamie féminine. Zuzana Hofmanová, auteur principal de l’étude, a déclaré: « D’une certaine manière, ce modèle montre le rôle des femmes dans la promotion de la cohésion de cette société, c’est le rôle des femmes qui reliaient les communautés individuelles.»

Guido Alberto Gnecchi-Ruscone, premier auteur de l’étude, ajoute : « Ces pratiques, ainsi que l’absence de consanguinité génétique, indiquent que la société a maintenu une mémoire détaillée de son ascendance et connaissait tous ses parents biologiques sur plusieurs générations.»

L’étude a été réalisée par une équipe de recherche multidisciplinaire de généticiens, archéologues, anthropologues et historiens, y compris des chercheurs de l’Institut Max Planck pour l’anthropologie évolutive à Leipzig, en Allemagne; L’Institut des sciences archéologiques, Eötvös Loránd University, Budapest, Hongrie; le Curt Engelhorn Center for Archaeométrie à Mannheim, Allemagne; et l’Institut de recherche historique autrichienne de l’Université de Vienne, Autriche; ainsi que l’Institut d’étude avancée aux États-Unis.

Patrick Geary, professeur émérite à l’École des études historiques de l’Institute for Advanced Study, commente : « Cette étude, qui fait partie d’une série de publications innovantes du projet Histogenes, montre comment de nouvelles perspectives fondamentales sur les sociétés du passé peuvent être acquises lorsque les historiens, les archéologues, les anthropologues et les généticiens collaborent ensemble. »

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Sources : https://www.medievalists.net/2024/04/archaeogenetics-avars/

https://www.nature.com/articles/s41586-024-07312-4

https://www.sciencedirect.com/…/pii/S0092867422002677

Focus sur la sublime broche de Strickland !

La broche de Strickland (en anglais : Strickland Brooch) est une fibule anglo-saxonne du milieu du 9ème siècle, d’un diamètre de 11,2 cm.

Broche de Strickland, datée du milieu de 9ème siècle (© The Trustees of the British Museum).

Cette broche en argent assorti d’or est un disque bosselé, légèrement convexe. L’artiste-artisan a utilisé la technique d’orfèvrerie du niellage (apposition de noir) pour créer des effets optiques de profondeur et de figuration.

La broche possède un décor zoomorphe sculpté. Le champ décoratif central est constitué d’un motif cruciforme avec des extrémités en forme de tête d’animal. Toutes les têtes sont (ou étaient) serties d’yeux en verre bleu et sont reliées entre elles par un cercle perlé. Autour des quatre têtes d’animaux, on distingue d’autres petits animaux. L’ensemble est associé au style de Trewhiddle (que l’on identifie avec ses animaux ressemblant à un chiot), attesté sur de nombreux objets en métal produits en Angleterre durant le 9ème siècle.

Pour la petite info, le style de Trewhiddle vient du site éponyme de Trewhiddle (situé dans les Cornouailles d’Angleterre), où un « trésor » avait été découvert en 1770. Ce style est caractérisé par l’utilisation de l’argent, de la technique du nielle et de décors zoomorphique, végétal et géométrique.

La broche de Strickland est exposée au British Museum de Londres (UK).

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Source : https://www.britishmuseum.org/collec…/object/H_1949-0702-1

Focus sur l’extraordinaire stèle de Smiss !

La pierre de Smiss ou « Ormhäxan »/ « Ormtjuserskan » en suédois, signifiant « la sorcière serpent »/ »le charmeur de serpent » est une stèle gravée, trouvée à Smiss, sur l’île de Gotland en Suède.

Pierre de Smiss, musée Fornsalen (Gotland Museum) à Visby (île de Gotland, Suède). Photo : Wikimedia commons.

Elle a été découverte dans un cimetière et est datée du 5ème au 7ème siècle (correspond donc à l’âge de Vendel car nous sommes en Suède).

La stèle mesure 82 cm de hauteur.

On y voit représentées deux figures exceptionnelles :

– un individu tenant dans chaque main un serpent

– une figure géométrique et zoomorphique, en forme de triscèle, dont chaque branche représenterait un sanglier, un aigle et un loup.

Différentes théories (Odin, sorcière, etc.) sur ces figurations ont été émises et la plus factuelle (à nos yeux) est que cet individu aux serpents possède un air de parenté avec l’individu cornu (assimilé à la divinité celtique Cernunnos) du chaudron de Gundestrup (exposé au musée national du Danemark, Copenhague – daté du 1er siècle av. notre ère) qui tient un serpent et un torque.

Cette stèle magnifique et exceptionnelle est exposée au musée Fornsalen (Gotland Museum) à Visby (île de Gotland, Suède).

Sources : https://www.gotlandsmuseum.se/

https://www.academia.edu/…/The_Snake_Witch_Stone_of_Sweden

https://en.wikipedia.org/wiki/Snake-witch_stone

À la découverte de la magnifique épée d’Eura !

L’épée d’Eura (Finlande), trouvée dans une tombe datée du 7ème siècle (période appelée pour la Finlande « âge du fer mérovingien »), fait partie des épées dites de type « à anneau ».

Ces épées se caractérisent par un petit anneau fixé à la poignée. Ces épées étaient des biens prestigieux et précieux, probablement réservés à la haute noblesse. L’anneau a souvent été interprété comme un « anneau de serment » symbolique.

Plus d’une douzaine d’épées « mérovingiennes » ont été découvertes en Finlande. Cependant, l’épée d’Eura reste le seul spécimen trouvé en parfait état.

L’épée a été mise à jour au début du printemps 1939 à Pappilanmäki, durant des travaux de construction. Les ouvriers rapportèrent la découverte et l’épée fut transférée au Musée national de Finlande (Helsinki). Pour l’anecdote, la grande encoche qui apparaît au milieu du fourreau provient d’une pelle d’ouvrier.

Épée à anneau d’Eura (Finlande, Musée National d’Helsinki), datée du 7ème siècle (image : Finnish Heritage Agency).

Malheureusement, la tombe où se trouvait l’épée a été détruite lors des travaux de construction avant que les archéologues ne puissent l’examiner. La plupart des objets qui étaient présents avec l’épée ont été découverts mais leur position exacte dans la sépulture demeure inconnue.

Épée à anneau d’Eura (Finlande, Musée National d’Helsinki), datée du 7ème siècle (image : Finnish Heritage Agency).

Outre l’épée, les objets accompagnant l’individu décédé dans la tombe comprenaient un seax avec une partie en bronze de son fourreau, un fragment d’une tête de lance, un morceau d’une lame de couteau, une ceinture de style « Perm » avec des ornements en bronze, 30 pièces de cuir et 13 morceaux d’écorce de bouleau, une boucle de ceinture, un mors et des éléments de harnachement, une pince à épiler et une épingle à anneau ornementale.

Les os de la personne décédée n’ont pas résisté au sol acide de la Finlande. Les objets présents dans sa tombe indiquent son haut statut social, probablement lié à la guerre.

Enfin, la ceinture étant originaire de la région de Perm, le doute est permis quant à la présence d’une femme dans cette tombe. En effet, à plus de 2 000 kilomètres d’Eura, dans la région de Perm (Sibérie), ce type de ceintures se trouve principalement dans les tombes de femmes.

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Sources : https://www.kansallismuseo.fi/…/euran-pappilanmaen…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Style_animalier_de_Perm

Les Amazones de la mythologie grecque, un mythe ayant pour inspiration des faits réels !

Penthésilée, reine des Amazones, et Achille se battent jusqu’à la mort, kylix attique à figures rouges, v. 460 av. J.-C., Staatliche Antikensammlungen (inv. 2688). Photographie : Ivy Close Images/Alay

Dans les mythes grecs, les Amazones étaient des femmes guerrières redoutées et redoutables qui vivaient aux confins du monde connu. On se souvient qu’Hercule-Héraclès avait pour mission d’obtenir la ceinture magique de la reine amazone Hippolyte (c’était un des 12 travaux), qu’Achille tua une reine amazone, Penthésilée (pour ensuite tomber amoureux d’elle) alors qu’elle combattait avec ses Amazones aux côtés des Troyens durant la guerre de Troie.

Les « Amazones », des femmes nomades à cheval brandissant un arc, qui combattaient et chassaient comme les hommes, ont longtemps été entourées de mythes, mais les archéologues découvrent de plus en plus de preuves de leur existence réelle.

Les fouilles de sépultures dans une nécropole de l’âge du bronze au Nakhitchevan en Azerbaïdjan ont révélé que des femmes avaient été enterrées avec des armes telles que des pointes de flèches acérées comme des rasoirs, un poignard en bronze et une massue, ainsi que des bijoux.

Les archéologues ont conclu qu’il pourrait s’agir de femmes « amazones » ayant vécu il y a 4 000 ans. Ces femmes redoutables étaient célèbres pour leurs prouesses sur le champ de bataille, notamment avec un arc et des flèches.

L’historienne Bettany Hughes a déclaré à l’Observer : « Cela montre qu’il y a de la vérité derrière les mythes et légendes de la Grèce antique. »

L’historienne a déclaré que ces preuves étaient d’autant plus significatives lorsqu’elles étaient liées à des découvertes antérieures. En 2019, les restes de quatre guerrières enterrées avec des pointes de flèches et des lances ont été découverts en Russie et, en 2017, des archéologues arméniens ont mis au jour les restes d’une femme qui semblait être morte des suites de blessures au combat, une pointe de flèche étant fichée dans sa jambe. Au début des années 1990, les restes d’une femme enterrée avec un poignard avaient également été retrouvés près de la frontière kazakhe.

Hughes a déclaré : « Une civilisation n’est pas constituée d’une seule tombe. Si nous parlons d’une culture qui traverse le Caucase et la Steppe, comme le disaient tous les anciens, il faut évidemment d’autres vestiges. »

Certains squelettes révèlent que les femmes avaient beaucoup utilisé des arcs et des flèches, a observé Hughes : « Leurs doigts sont déformés parce qu’elles utilisent beaucoup de flèches. Les changements au niveau des articulations des doigts ne se produiraient pas uniquement à cause de la chasse. C’est une pratique importante et soutenue. Ce qui est très excitant, c’est que de nombreuses preuves osseuses montrent également des preuves claires d’un temps prolongé en selle. Le bassin des femmes est essentiellement ouvert parce qu’elles montent à cheval. [Leurs] os sont façonnés par leur mode de vie. »

Photo extraite du documentaire sur France 5, diffusé le 7-03-2024, « Amazones, femmes guerrières de l’Antiquité ». Droit image © Véronique Préault / Alexandra Barbot / ZED

Elle a aussi noté que les bijoux comprennent des colliers de cornaline : « La cornaline est une pierre semi-précieuse. On la voit souvent associée aux grandes prêtresses ou aux déesses. » C’est donc pour l’historienne un marqueur de statut social, la femme possédait un statut particulier. Ces femmes archères qui montaient à cheval étaient ainsi, fort probablement, hautement considérées par leurs pairs.

Pour aller plus loin, on vous conseille l’ouvrage de référence sur cette question, une première étude globale tentant de démêler le mythe de la réalité historique, écrit par Adrienne Mayor (archéologue et historienne américaine, chercheuse à l’université Stanford), intitulé : Les Amazones quand les femmes étaient les égales des hommes (VIIIe siècle av. J.-C. – Ier siècle apr. J.-C.) aux éditions de La Découverte et paru en 2017 (GF) et 2020 (poche).

Le documentaire diffusé sur France 5 (récent, il est de 2024) est également très intéressant (avec notamment Iaroslav Lebedynsky, grand spécialiste et historien des anciennes cultures guerrières de la steppe et du Caucase) : https://www.france.tv/…/5733537-amazones-femmes…

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Source : https://www.theguardian.com/…/truth-behind-the-myths…