Un navire funéraire pré-viking identifié en Norvège

Le grand tumulus funéraire de Herlaugshaugen (il fait plus de 60 mètres de diamètre) dans le centre de la Norvège (sur l’île de Leka), a été fouillé pour la première fois à la fin du 18ème siècle, mais les rivets de fer, le chaudron en bronze, les ossements d’animaux et le squelette assis avec une épée qui y auraient été trouvés, ont hélas disparu au début des années 1920.

« Le squelette aurait été exposé pendant un certain temps dans la cathédrale de Trondheim sous le (fantaisiste) nom de « roi Herlaug », mais personne ne sait ce qu’il est devenu », a déclaré Geir Grønnesby, archéologue en chef du projet de fouilles du site de Herlaugshaugen.

Selon un communiqué publié par l’Université norvégienne des sciences et technologies (NTNU), une nouvelle étude du tumulus a révélé qu’il contenait une sépulture de bateau.

« Le monticule a été construit vers 700 de notre ère. C’est ce qu’on appelle la période mérovingienne et précède l’ère viking. Cette datation est vraiment passionnante car elle repousse toute la tradition des enterrements avec navires assez loin dans le temps », a déclaré l’archéologue Geir Grønnesby.

Cette datation entraîne de nombreuses conséquences selon l’archéologue. « Cela nous indique que les habitants de cette région étaient des marins qualifiés – ils pouvaient construire de gros navires – bien plus tôt que nous ne le pensions auparavant. »

Lars Forseth, archéologue du comté de Trøndelag, a ajouté que le monticule est situé le long d’une route de navigation et que l’on sait que les pierres à aiguiser de la région ont été commercialisées en Europe dès le milieu du 8ème siècle après J.-C.

Les archéologues ont trouvé des clous (voir photo ⬇️), des restes de bois préservé, une couche contenant du charbon de bois et une dent de cheval.

Des recherches plus approfondies vont examiner un lien possible entre le tumulus de Herlaugshaugen et les sépultures de navires mérovingiens à Vendel et Valsgärde en Suède, et la sépulture de navires de Sutton Hoo en Angleterre (voir photos ⬇️).

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Sources : https://phys.org/…/2023-12-scandinavia-oldest-ship… ; https://www.archaeology.org/…/11988-231211-norway… ; https://norwegianscitechnews.com/…/central-norways…/

Un temple païen, vieux de 1 400 ans, découvert près de Sutton Hoo en Angleterre ?

En Angleterre, à Rendlesham (près de Sutton Hoo dans le Suffolk), les archéologues ont mis à jour les restes d’un potentiel temple païen, vieux de 1400 ans. Ce « temple » païen aurait fait partie d’un complexe royal. Les archéologues attribue ce site d’exception au roi Rædwald.

Mais qui était Rædwald ?

Rædwald ou Redwald a été roi d’Est-Anglie durant le premier quart du 7ème siècle. On dispose de quelques détails biographiques, grâce notamment au moine et érudit anglais Bède le Vénérable, qui le mentionne à plusieurs reprises dans son Histoire ecclésiastique du peuple anglais (achevée en 731).

Rædwald se serait converti au christianisme aux alentours de 600. Cependant, la conversion de Rædwald n’aurait pas été « véritable ». En effet, selon Bède le Vénérable, le temple que Rædwald avait fait construire dans son complexe royal à « Rendleaesham » (Rendlesham, un village du Suffolk), contenait, aux côtés d’un nouvel autel chrétien, un autel dédié aux dieux païens.

Rædwald meurt vers 624 et il pourrait être l’individu de haut rang enterré dans le tertre numéro 1 du fameux, célèbre et fascinant site de Sutton Hoo. Pour le plaisir, voir ⬇️ le splendide casque de Sutton Hoo.

Revenons à nos moutons, sur le site de Rendlesham, occupé durant le 7ème siècle, les archéologues ont multiplié les trouvailles exceptionnelles depuis la découverte initiale du site en 1939. Et cet été, les archéologues ont déniché les fondations d’un temple ainsi que deux autres bâtiments en bois attenants. L’ensemble architectural couvrait probablement 37 acres (15 hectares), selon un communiqué du Suffolk Heritage Explorer.

Cette structure palatiale, que Christopher Scull (professeur à l’Université de Cardiff au Pays de Galles qui a dirigé les fouilles), a décrit comme « remarquable », était délimitée par un fossé de près de 1 mile de long (1,5 kilomètre) et faisait partie d’un complexe encore plus grand couvrant 124 acres (50 hectares).

Les archéologues pensent que cette structure « palatiale » a pu être ordonnée par le roi Rædwald.
« Ses fondations distinctives et substantielles indiquent que l’un des bâtiments, long de 10 mètres et large de 5 mètres, était inhabituellement haut et robuste pour sa taille, donc peut-être a-t-il été construit dans un but spécial. Il ressemble beaucoup aux bâtiments trouvés ailleurs en Angleterre qui sont considérés comme des temples ou des maisons de culte. Il se peut donc qu’il ait été utilisé pour le culte païen par les premiers rois d’Est-Anglie« , a déclaré l’archéologue et professeur Christopher Scull.
Ce complexe architectural pourrait donc correspondre au temple du « Rendleaesham », du roi Rædwald, décrit par Bède le Vénérable.

« Les résultats des fouilles à Rendlesham parlent très bien du pouvoir et de la richesse des rois d’Est-Anglie et de la sophistication de la société qu’ils ont gouvernée« , a déclaré Scull à BBC News. « Le temple possible, ou maison du culte, fournit des preuves rares et remarquables de la pratique sur un site royal des croyances païennes de la première société anglaise. »

Enfin, les recherches ont également mis à jour :

  • Un fragment de moule en argile cuite pour fabriquer des éléments décoratifs de harnais pour chevaux (voir photo ⬇️).
Fragment d’un moule (à gauche) utilisé pour la métallurgie, avec un motif similaire à celui d’un élément de harnais pour chevaux (à droite), tous deux trouvés à Rendlesham (© Conseil du comté de Suffolk).
  • Des preuves d’un atelier de métallurgie du 7ème siècle.
  • Deux tombes non encore datées.
  • Enceintes, indices matériels d’établissements et d’activités antérieurs, datant du néolithique (4ème millénaire avant notre ère), de l’âge du bronze, de l’âge du fer et de la période romaine.

Ces découvertes archéologiques montrent que Rendlesham a été un lieu privilégié pour l’établissement et l’activité humaine durant 6 000 ans, et son apogée, en tant que complexe royal, se situe entre le 6ème et le 8ème siècle de notre ère. Un site d’importance pour l’histoire ancienne de l’Angleterre, mais aussi pour toute l’Europe !

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Sources : https://heritagesuffolk.wordpress.com/2023/11/21/1400-year-old-temple-rendlesham/ ; https://www.livescience.com/archaeology/1400-year-old-structure-discovered-near-sutton-hoo-in-england-may-have-been-a-pagan-temple-or-cult-house

Focus sur la « chamane » de Bad Dürrenberg, vieille de 9 000 ans !

Reconstitution de la « chamane » de Bad Dürrenberg. Image courtesy: State Office for Heritage Management and Archaeology Saxony-Anhalt, Karol Schauer.

La double sépulture d’une femme adulte et d’un enfant, datant d’environ 7 000 à 6 800 avant notre ère, découverte en 1934 lors de travaux de construction dans les jardins thermaux de Bad Dürrenberg, est considérée comme l’une des découvertes funéraires exceptionnelles du Mésolithique en Europe centrale. En raison des objets inhabituels accompagnant la femme, enterrée en position assise, et de ses anomalies physiques, cette sépulture est interprétée comme celle d’une « chamane ».

Surnommée la « Chamane de Bad Dürrenberg », sa tombe a été minutieusement refouillée à partir de décembre 2019. Les investigations archéologiques, anthropologiques et génétiques ont depuis confirmé l’importance du lieu et précisé le rôle de cette femme hors du commun, que l’on continua très certainement de « révérer » durant plusieurs siècles après sa mort.

Les dernières fouilles sur le site, dans le cadre des préparatifs de l’Exposition nationale des jardins 2024, ont mis en lumière de nouvelles révélations sur le dépôt et le positionnement du corps. Le mobilier « inhabituel » funéraire comprend des objets en silex et des outils en pierre taillée, mais aussi des objets en os et en bois de cerf, un morceau d’ocre rouge, un certain nombre d’os d’animaux, la carapace d’au moins trois tortues et des dents d’animaux en partie percées. Avec des bois de cerf et six défenses de sanglier partiellement trouées, tous ces objets funéraires sont interprétés comme de probables ornements pour la tête et le corps.

La recherche génétique (avec un article récent publié dans les actes de la conférence Propylaeum par Jörg Orschiedt travaillant à l’Office d’État pour la gestion du patrimoine et l’archéologie de Saxe-Anhalt, Wolfgang Haak de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutive, Holger Dietl, Andreas Siegl et Harald Meller du LDA) est récemment venue apporter des réponses sur la relation entre la femme et l’enfant : le garçon n’est pas son fils, mais un parent du quatrième ou du cinquième degré, ce qui ferait de la « chamane », l’arrière-arrière-(arrière)-grand-mère potentielle du garçon.

Les variantes phénotypiques analysées dans le génome de Bad Dürrenberg révèlent que la « chamane » avait un teint de peau relativement foncé, des cheveux bruns raides et des yeux bleus. Selon les chercheurs, cette combinaison aurait été assez courante chez les chasseurs-cueilleurs d’Europe occidentale et la « chamane » partageait cette apparence avec des individus mésolithiques qui lui étaient contemporains, comme ceux provenant de sites tels que Loschbour, Mullerthal (Luxembourg), La Braña, Asturies (Espagne) ou Cheddar Man dans le Somerset (Grande-Bretagne).

L’étude révèle également que la femme, âgée de 30 à 40 ans, était une personne mesurant environ 1,55 m, typique de la période. Son squelette manque d’attaches musculaires distinctes, en particulier au niveau des membres inférieurs, que l’on trouve couramment, selon les chercheurs, chez les chasseurs-cueilleurs.

De plus, à la base du crâne, il existe une anomalie au bord du grand trou occipital, sous la forme d’un petit étranglement. Cette zone reflète l’empreinte d’un vaisseau sanguin anormalement développé. La première vertèbre cervicale est aussi incomplètement formée en raison d’un défaut de croissance congénital.
Dans ce contexte, les chercheurs ont émis l’hypothèse d’un pincement d’un vaisseau sanguin menant au cerveau.
Cela pourrait avoir provoqué l’adoption d’une certaine posture de tête. Cependant, il est peu probable que les conséquences aient été graves ou dangereuses pour la santé de la « chamane ».
Surtout, il est concevable qu’un nystagmus, c’est-à-dire un mouvement involontaire des globes oculaires, soit provoqué par le blocage du vaisseau sanguin.
Cette caractéristique inhabituelle aurait pu être perçue comme étrange par ses contemporains et, lorsqu’elle était initiée intentionnellement, elle aurait pu renforcer, voire justifier, son rôle de « chamane ».

La « chamane » de Bad Dürrenberg au Landesmuseum für Vorgeschichte de Halle (Saale). Credit: Juraj Lipták (State Office for Heritage Management and Archaeology Saxony-Anhalt).

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Source pour cet article : https://phys.org/news/2023-11-genetic-year-old-shaman-burial-germany.html

Plus d’informations : The Shaman and the Infant: The Mesolithic Double Burial from Bad Dürrenberg, Germany, Propylaeum (2023). DOI: 10.11588/propylaeum.1280.c18002

Kai Michel et Harald Meller, Das Rätsel der Schamanin: Eine archäologische Reise zu unseren Anfängen, éditions Rowohlt Verlag GmbH, 2022.

Le mot « cathare », un sujet brûlant !

On éteint tout de suite le feu : la dissidence « hérétique » du Midi qui a conduit à la Croisade contre les Albigeois à partir de 1209, ne s’est jamais désignée elle-même comme « cathare » !

Milieu du XIII ème siècle. : Dessin d’un hérétique livré aux flammes (au recto, projet de bulle du pape Innocent IV sur les poursuites contre les hérétiques). Cote A.N. : AE/II/257. Image Wikimedia Commons.

Le nom de « cathares » apparaît absent des milliers de protocoles de l’Inquisition languedocienne. Selon l’historiographie, renouvelée depuis les année 2000, le mot « cathare » ne serait mentionné par aucun inquisiteur, accusé ou témoin de la persécution, pas plus qu’il n’est présent chez quelque auteur médiéval ou dans quelque récit de la croisade albigeoise.

Mais alors pourquoi ce mot « cathare » ? 🤔

Au XIXème siècle siècle, le théologien alsacien Charles Schmidt fait paraître son ouvrage Histoire et doctrine de la secte des Cathares ou Albigeois, dans lequel il situe les « cathares » dans le Midi. Charles Schmidt crée le « concept de catharisme » en utilisant la description d’hérétiques faite par le moine allemand, Eckbert de Schönau (né en 1120 – † 1184), qui reprend lui-même un traité de saint Augustin (né en 354 / †430). 🤯

Dans les années 1960, cette interprétation de Charles Schmidt, est massivement popularisée au travers de deux documentaires télévisuels qui ont un énorme succès.

Dès lors, le mot « cathare » sort de l’ombre et devient le symbole d’une religion perdue et mystérieuse…

Jusqu’à encore aujourd’hui, le mot « cathare » est omniprésent, que ce soit en région Occitanie ou dans l’inconscient collectif (voir le nombre incalculable de romans ayant dans leurs titres le mot « cathare » par exemple).

En 1998, l’ouvrage collectif Inventer l’hérésie ?, publié par l’historienne Monique Zerner, jette un pavé dans la mare. Un retour aux sources de l’Inquisition révèle que les récits dénonçant l’hérésie dans le Midi étaient avant tout ceux de l’Église romaine, soucieuse de se fabriquer un ennemi là où le comté de Toulouse échappait encore à son autorité.

L’historienne Alessia Trivellone (enseignante et chercheuse en Histoire du Moyen Âge à l’université Paul Valéry Montpellier 3) souligne la dimension politique des accusations contre les hérétiques : « L’hérésie est un chef d’accusation. Les pouvoirs ecclésiastiques se servent de cette accusation pour asseoir leur force sur des territoires et des populations. Ces accusations se situent au cœur des dynamiques sociales et politiques de l’Occident. (…) Elles viennent justifier des initiatives politiques. »

L’histoire des « cathares », hérétiques du Midi, qui auraient prospéré puis disparu entre les XIIe et XIIIe siècles, serait donc avant tout un mythe.

Pour aller plus loin, écoutez ce podcast passionnant sur le sujet https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/heretiques-l-invention-des-cathares-1740738

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Sources de l’article et pour approfondir le sujet :

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/heretiques-l-invention-des-cathares-1740738

https://fr.wikipedia.org/wiki/Catharisme

Alessia Trivellone, L’Hérétique imaginé : hétérodoxie et iconographie dans l’Occident médiéval, de l’époque carolingienne à l’Inquisition, Brepols, 2010.

Julien Théry, Le Livre des sentences de l’inquisiteur Bernard Gui, CNRS, 2022.

https://www.academia.edu/924035/_Lh%C3%A9r%C3%A9sie_des_bons_hommes_Comment_nommer_la_dissidence_religieuse_non_vaudoise_ni_b%C3%A9guine_en_Languedoc_XIIe_d%C3%A9but_du_XIVe_s_Heresis_36_37_2002_p_75_117

Focus sur une amulette d’ambre en forme d’ours

Ce magnifique petit ours est une figurine en ambre, trouvée (à la fin du 19ème siècle) près de la ville polonaise de Słupsk, dans une tourbière.

Il pourrait s’agir d’une amulette, datant du mésolithique ou du néolithique.

L’ours mesure au maximum 10,2 cm de long, 3,5 cm de large et 4,2 cm de haut. Son poids est de 85 grammes.

Le matériau utilisé est le fameux ambre de la Baltique, que l’on trouve, par exemple, sur les côtes polonaises près de Gdańsk. Il est d’une transparence jaune miel et possède une surface lisse et brillante.

Cette figure animale a été créée en sculptant et en polissant un morceau d’ambre marin doté d’une ouverture naturelle. Le corps est compact et massif. Alors que les jambes n’ont été réalisées que sous forme de renflements, la tête présente des oreilles clairement modelées, un museau avec une bouche sculptée et deux narines ainsi que deux yeux encadrés circulairement.

L’ouverture se trouve à l’arrière de la figurine, juste avant la base des pattes postérieures (voir photo ⬇️).

Des restes d’une substance sombre ont été trouvés sur la tête, ce qui indique que les yeux, le nez et la bouche étaient à l’origine partiellement peints.

La datation ne peut être déterminée avec certitude. Une origine mésolithique ou encore néolithique a été envisagée, l’âge du bronze n’est pas exclu non plus. Toutefois, selon les préhistoriens Thomas Terberger et Jörg Ansorge, des parallèles peuvent être établis avec les ours ambrés du Jutland, liés à la culture Maglemose (8 500-6 500 av. J.-C.).

[La culture Maglemose tire son nom du site archéologique éponyme, situé près de Mullerup, à l’ouest de la Zélande, au sud-ouest du lac Tissø (Danemark). Des sites de cette culture ont été fouillés en Angleterre, en Pologne, au nord de la France et en Scanie au sud de la Suède. Les Maglemosiens vivaient dans des milieux forestiers et humides ; ils utilisaient des outils et des armes de chasse et de pêche en bois, en bois de cerf, en os et en silex. Ils utilisaient également l’ambre.]

Des traces d’usure près des perforations prouvent que cet objet a été porté, probablement avec une sorte de cordon.
Toutefois, une fonction purement décorative en tant que collier semble peu probable, car l’objet porté en pendentif pend la tête en bas et montre son dos au spectateur. L’ours ne peut pas non plus se tenir debout sur ses pattes.
Il ne révèle sa silhouette caractéristique que lorsqu’il est vu de face sous un certain angle, et, par exemple, lorsqu’on le tient dans la main.

Ainsi, une fonction magique, liée à la figure symbolique de l’ours, mais aussi au matériau, l’ambre, qui possède notamment des propriétés électrostatiques, est envisagée.

Cette formidable sculpture miniature est aujourd’hui exposée au Musée national de Szczecin (Pologne). Voir photo ⬇️

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Sources : Thomas Terberger, Jörg Ansorge: Der Bernsteinbär von Stolp (Słupsk, Polen) – ein mesolithisches Amulett? In: Archäologisches Korrespondenzblatt 30, 2000, S. 335–352.
https://muzeum.szczecin.pl/zbiory/archeologia/epoka-kamienia.html
https://da.wikipedia.org/wiki/Maglemosekultur.

Les chiens à l’âge des vikings

Dans la Hálfdanar saga Eysteinssonar (saga islandaise datée fin 13ème début 14ème dont l’intrigue se déroulerait au 9ème siècle), on peut lire : « En ces lieux-là vivait un malfaiteur nommé Sel. Il était toujours accompagné d’un chien gros comme une vache, à l’intelligence humaine et meilleur au combat qu’une douzaine de guerriers » ou encore : « Il lui offrit alors son chien de poche et lui dit de toujours le suivre dans son chemin car il avait la ruse qui permettait d’éviter les chemins ou se trouvaient les brigands et détrousseurs. »

Mais quels genres de chiens les Scandinaves de la période « viking » pouvaient-ils avoir à leurs côtés ?

Pour le savoir, lisez cet article écrit par Laurent Farag, spécialiste du Västgötaspets, « fossile vivant » de l’ère des vikings comme il le dit !

⬇️« Vikingharnashund » article par Laurent FARAG de la Compagnie Les Artisans de l’Arbre Monde (Liège) ⬇️

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Photos : Collier à pointes du bateau-tombe 10, à Valsgärde, Old Uppsala, Uppland, daté de la fin du 10ème siècle ; Squelette du chien du Bateau-tombe 36, the Vicarage, Old Uppsala, Uppland, daté du 9ème siècle ; Chien d’élan norvégien ; Chien Västgötaspets (Vallhund suédois).

Les chevaux et les chiens, des animaux précieux pour les vikings

Une hypothèse dominante faisait foi jusque récemment : les chevaux utilisés par les « armées vikings » ayant envahi les îles britanniques avaient été volés sur place, lors de raids.

Or, de récentes découvertes (2023) établissent une nouvelle interprétation beaucoup plus complexe : des chevaux et des chiens ont fait partie des équipages vikings et ils ont été embarqués avec eux depuis la Scandinavie.

Dans les années 1990, des chercheurs ont découvert les restes incinérés d’un individu adulte, d’un enfant, d’un chien, d’un cheval et probablement d’un cochon dans un tumulus d’une nécropole « viking » du Derbyshire, en Angleterre. Il s’agit du site de Heath Wood.

[Petite précision : Heath Wood est la seule nécropole (à crémation) scandinave à grande échelle connue dans les îles britanniques, elle contient 59 tumulus, voir photo ⬇️]

La datation au radiocarbone des fragments osseux avait révélé que les « vikings » y reposant étaient décédés entre le 8e et le 10eme siècle.

Cette date avait ensuite été réduite à l’an 873, grâce à la Chronique anglo-saxonne (annales historiques datant du 9ème siècle). En effet, une mention y précise qu’une armée viking a hiverné près du site (Heath Wood) cette année-là.

Mais un mystère demeurait : la provenance des animaux. Les chercheurs pensaient que les bateaux « vikings » de l’époque étaient trop petits pour permettre le transport d’animaux de la Scandinavie vers les îles britanniques, ils avaient donc dû être volés sur place.

Pourtant, une mention dans la Chronique anglo-saxonne décrit les vikings se déplaçant de France vers l’Angleterre avec leurs chevaux en l’an 892. Toutefois, aucune preuve archéologique d’une telle activité n’avait été trouvée.

Les nouvelles analyses scientifiques de 2023, basées sur le strontium, ont ainsi permis de répondre définitivement à la question. En effet, l’élément chimique s’accumule dans les os au fil du temps grâce à l’alimentation, laissant une signature distincte de l’endroit où un individu a vécu. Les ratios de strontium dans les restes de l’enfant correspondent à ceux des arbustes poussant sur le lieu de sépulture, ce qui suggère que l’enfant a passé la majeure partie, sinon la totalité, de sa vie en Angleterre. Les ratios de l’adulte et des trois animaux, en revanche, diffèrent considérablement de la faune locale, a constaté l’équipe. Cela suggère donc que les individus n’ont pas passé beaucoup de temps dans le pays avant de mourir. Leurs ratios sont même similaires à ceux trouvés en Baltique, Norvège, dans le centre et le nord de la Suède et en Finlande, matérialisant une possible origine scandinave. « L’une des joies de l’analyse isotopique est que vous pouvez vraiment identifier des choses dont nous pouvions auparavant discuter sans fin », a déclaré à ce propos Marianne Moen, archéologue à l’Université d’Oslo.

Toutefois, pourquoi ce chien, ce cheval et ce cochon scandinaves ont-ils fait ce voyage en Angleterre en compagnie des vikings ?

À l’époque viking, les chevaux étaient considérés comme des créatures de haute valeur à la fois matérielle et spirituelle. Historiquement, les restes de chevaux dans les sépultures de l’époque viking ont été interprétés comme le symbole du voyage vers l’au-delà (la poésie nordique met en scène notamment le dieu Odin chevauchant son cheval à huit pattes Sleipnir vers la terre des morts), comme étant un bien du défunt, et comme un symbole de statut social élevé.

Des sépultures mêlant individus et chevaux ont été retrouvées partout en Europe du Nord, avec celles par exemples des grands navires de Ladby (Danemark) et de Gokstad (Norvège). Les chevaux accompagnaient dans leurs vies dans l’au-delà, les hommes mais aussi les femmes (tombes à Trekroner-Grydehøj à Sjælland, au Danemark, à Løve dans le Vestfold, en Norvège, par exemples). Voir photo ⬇️

Site de Trekroner-Grydehøj (Danemark), « La völva dans sa tombe ». Reconstruit par Mirosław Kuźma. Illustration copyright Leszek Gardeła et Mirosław Kuźma.

Enfin, pour le docteur Löffelmann (de l’Université de Durham en Angleterre et de la Vrije Universiteit Brussel en Belgique), les petites tailles des premiers navires nordiques combinées au fait que les animaux et les personnes ont été enterrés ensemble suggèrent que les vikings ont peut-être initialement amené des animaux avec eux car, tout simplement, ils aimaient leur compagnie, pas seulement pour la fonction symbolique ou le prestige. « Il ne peut s’agir que d’animaux sélectionnés qui ont fait ce voyage », dit-elle. Ils étaient très importants pour eux, ils y tenaient. « Ils ont traversé la vie ensemble, et maintenant ils traversent la mort. »

Petite anecdote, les adorables chiens de type Vallhund (suédois), seraient les descendants des chiens utilisés par les anciens scandinaves, notamment à l’ère viking. Voir photo ⬇️

Chiens de type vallhund suédois (Västgötaspets ou spitz des Wisigoths). Photo Wikimedia Commons.

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Sources : « Shared horse and human burials show how deeply the vikings cared for their animal companions » — https://theconversation.com/shared-horse-and-human…

https://www.sciencenews.org/…/strontium-isotope…

L’épée de Snartemo

L’exceptionnelle et magnifique épée de « Snartemo » (site dans le sud de la Norvège) a été trouvée en 1933 dans une tombe datée du 5ème siècle. Elle appartient à la période l’âge du fer nordique et plus précisément à celle de la période des « migrations » (cette épée n’a donc rien avoir avec l’ère des vikings, on précise juste au cas où 😁).

Dans la tombe, avec l’épée, les archéologues ont trouvé un ensemble complet d’armes, un gobelet en verre serti d’argent, un chaudron en bronze, une bague en or, une balance en bronze, trois poids en plomb, des textiles à motifs rares, et des griffes d’ours.

Son pommeau d’or (voir photos du recto et verso ⬇️), ciselé de créatures fantastiques, est d’une rare beauté.

Particularité, l’épée possède une bandoulière tissée ornée de motifs géométriques.

L’épée appartient également à un type particulier d’épée dit « à anneau ». Les épées à anneaux sont caractérisées par un petit anneau fixé au pommeau. Les épées à anneaux sont devenues « à la mode » aux 6ème et 7ème siècles, notamment en Scandinavie, en Finlande et dans l’Angleterre anglo-saxonne ainsi qu’en Saxe, Francie, Allemagne et Lombardie. Ces épées étaient des biens prestigieux et précieux, probablement réservées aux rois et à la haute noblesse. L’anneau est interprété comme un « anneau de serment » symbolique.

Et enfin petite anecdote, le poème de Beowulf (poème épique majeur de la littérature anglo-saxonne, probablement composé entre la première moitié du 7ème siècle et le 11ème) utilise le terme hring-mæl, qui signifierait littéralement « ornement en anneau », pour qualifier l’épée du guerrier Beowulf. De fait, les érudits interprètent cela comme faisant référence à ce type d’épée. Ils y voient une indication comme quoi la matière de Beowulf est païenne et originale, les épées à anneaux ayant en effet disparu avec la christianisation, à la fin du 7ème siècle.

L’épée de Snartemo, une épée digne d’un héros !

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Sources : https://www.historiskmuseum.no/…/monter-4-engelsk.pdf

https://en.visitsorlandet.com/…/ancient…/232640301/

https://no.wikipedia.org/wiki/Snartemosverdet

Une pièce de monnaie « mystérieuse », frappée par les Celtes, trouvée en Allemagne !

Une pièce extrêmement rare de type « bol arc-en-ciel » (en allemand, il s’agit du type Regenbogenschüsselchen qui signifie littéralement « petits bols d’arc-en-ciel »), frappée il y a plus de 2 000 ans par les Celtes, a été découverte au bord d’une rivière en Allemagne.

La pièce d’or trouvée en juin 2023, frappée au IIème ou Ier siècle avant notre ère, présente « un motif rare représentant une étoile à quatre branches entourée d’arcs sur une face », a déclaré Bernward Ziegaus, conservateur principal du département numismatique de la Collection archéologique d’État de Bavière. Comme les autres coupes « arc-en-ciel » déjà trouvées par le passé, la pièce est « concave ».

En effet, fin 2021, le Musée archéologique du Land de Brandebourg, dans l’est de l’Allemagne, avait annoncé avoir fait une exceptionnelle découverte sur son territoire, dans un champ fraîchement labouré : 41 pièces d’or en forme de petits bols miniatures, datées du Ier siècle avant notre ère. Ces pièces de monnaie auraient été utilisées par les tribus celtiques des Boïens et des Vendéliques, principalement dans une zone située entre le sud de l’Allemagne et la Hongrie.

À l’époque, deux détails avaient intrigué les chercheurs : la localisation des pièces d’abord, puisque les Celtes sont supposés n’avoir pas vécu dans cette partie de l’Allemagne, et l’absence totale de motif sur les pièces. En effet, les Regenbogenschüsselchen sont généralement ornées de petits dessins symboliques abstraits (sphères, points, cercles ou étoiles) ou de motifs figuratifs issus de l’imagerie celte (torques, têtes d’oiseaux, serpents…).

Revenons à notre pièce de 2023, l’autre face de la pièce de 13 millimètres de large « montre une tête humaine stylisée avec un grand œil », avec le nez et les lèvres représentés par des points, a déclaré Ziegaus. Une analyse du métal a révélé que la pièce contient 77 % d’or, 18 % d’argent et 5 % de cuivre.

Le côté « tête » de la monnaie celtique « arc-en-ciel » arborant une tête humaine stylisée. (Crédit image : © Photo Stefanie Friedrich, Collection archéologique d’État (Munich))

La pièce a été découverte à environ 70 kilomètres à l’ouest de Munich, sur la rivière Lech, dans le sud de l’État de Bavière, au printemps dernier.

On ne sait pas comment la pièce de 0,07 once (1,9 gramme) s’est retrouvée là, mais l’endroit n’est pas loin d’une ancienne route. Cette route partait de ce qui est aujourd’hui Trente, dans le nord de l’Italie, et est devenue plus tard connue sous le nom de voie romaine Via Claudia Augusta qui traversait les Alpes, a expliqué Ziegaus.

« Peut-être que la pièce a été perdue accidentellement en cours de route », a déclaré Bernward Ziegaus.

Il n’existe que trois coupes arc-en-ciel connues avec le motif étoile et arc. « L’interprétation du motif est difficile », a déclaré Ziegaus. « L’étoile est peut-être un symbole des quatre points cardinaux, les arcs doivent être compris comme des signes de l’horizon et du lever et du coucher de la lune ».

« Les pièces de monnaie celtiques les plus anciennes de Bavière datent du IIIème siècle av. notre ère, mais la conquête romaine de la région en 15 av. a conduit à la fin de la frappe celtique, a déclaré Ziegaus. Après cela, les pièces de monnaie romaines sont devenues la principale monnaie de la région. »

Sur la légende de ces monnaies dites « arc-en-ciel » 🌈

C’est sans doute au Moyen Âge que les pièces celtes concaves ont pris leur surnom de « petits bols d’arc-en-ciel ». Leur forme aurait permis à la pluie de s’y accumuler et d’y refléter la lumière du soleil, les rendant plus faciles à repérer dans les champs. Selon la croyance populaire, elles tombaient des arcs-en-ciel – souvent visibles après une averse -, à l’endroit où ces derniers « touchent la terre ». Chance et bonne santé étaient alors promises au bienheureux qui en trouvait une…

« C’est une découverte merveilleuse, même s’il ne s’agit que d’une seule pièce de monnaie. Car jusqu’à présent, seuls très peu d’exemplaires de ce type sont connus », a déclaré Marjanko Pilekić, doctorant en archéologie numismatique antique à l’Université Goethe de Francfort. Si d’autres « petits bols arc-en-ciel » sont trouvés dans la région, « une image de la répartition [de cette monnaie] pourra être dressée », a déclaré Pilekić à Live Science.

La pièce arc-en-ciel a été donnée à la collection archéologique de l’État de Bavière à Munich et parce qu’elle est « extrêmement rare », elle sera exposée en permanence au musée avec d’autres trésors de monnaie celtiques, à partir de 2024, a déclaré Ziegaus.

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Sources : https://www.livescience.com/…/lost-rainbow-cup-coin…

https://de.wikipedia.org/wiki/Regenbogensch%C3%BCsselchen

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