La bataille de Tollense ou la « Troie » du Nord !

Il y a environ 3 200 ans, deux armées se sont affrontées aux abords d’une rivière, non loin des côtes de la mer Baltique. La confrontation n’est dans aucun livre d’Histoire et pourtant, il ne s’agissait pas d’une simple escarmouche entre clans locaux : des milliers de guerriers se sont rassemblés pour s’affronter dans une lutte violente et brutale.

Ils ont utilisé des armes fabriquées à partir de bois, de silex et de bronze, un métal qui était alors le summum de la technologie militaire.

Les armées se sont battues au corps à corps, mutilant et tuant avec des massues de guerre, des lances, des épées et des couteaux. Des flèches à pointe de bronze et de silex ont été tirées, transperçant les crânes et s’enfonçant profondément dans les os des victimes. Les chevaux appartenant à certains de ces guerriers de haut rang se sont effondrés dans la boue, mortellement touchés. Tout le monde n’a pas tenu bon dans la mêlée : certains guerriers ont fui et ont été abattus dans le dos.

Une fois les combats terminés, des centaines de cadavres jonchaient la vallée marécageuse. Certains corps ont été dépouillés de leurs objets de valeur et abandonnés dans des étangs peu profonds ; d’autres coulèrent au fond, protégés du pillage par un mètre ou deux d’eau. La tourbe s’est lentement déposée sur leurs os et en quelques siècles, toute la bataille fut oubliée…

En 1996, un archéologue amateur découvrit un ossement sur la berge de la rivière – premier indice que la vallée de Tollense, à environ 120 kilomètres au nord de Berlin, cachait un horrible secret. Une pointe de flèche en silex était enfoncée dans l’os (voir photo ⬇️), ce qui a incité les archéologues à creuser une petite fouille test.

L’archéologie a alors révélé de nouveaux ossements, notamment un crâne enfoncé (voir photo ⬇️) et une massue de 73 centimètres ressemblant à une batte de baseball (voir photo ⬇️). Les restes ont tous été datés, par radiocarbone, aux alentours de 1250 avant notre ère, ils appartenaient donc à l’âge du bronze.

Une série de fouilles entre 2009 et 2015 a permis de comprendre cette bataille. Des archéologues du Département de préservation historique de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (MVDHP) et de l’Université de Greifswald (UG) ont mis au jour des massues en bois, des fers de lance en bronze ainsi que des pointes de flèches en silex et en bronze. Ils ont également trouvé des ossements en nombre extraordinaire : les restes d’au moins cinq chevaux et de plus de 100 hommes. Cela étant, des ossements de centaines d’autres individus demeurent à découvrir et des milliers d’autres ont aussi pu combattre ou survivre.

« Si notre hypothèse selon laquelle toutes les découvertes appartiennent au même événement est correcte, nous avons affaire à un conflit d’une ampleur jusqu’ici totalement inconnue au nord des Alpes », expliquait Thomas Terberger, co-directeur des fouilles et archéologue de Basse-Saxe (Service national du patrimoine culturel à Hanovre). « Il n’y a rien à quoi cela puisse être comparé. » Il s’agit probablement de la première preuve directe – avec armes et guerriers réunis – d’une bataille d’une telle ampleur dans le monde protohistorique.

L’Europe du Nord à l’âge du bronze a longtemps été écartée, éclipsée par les civilisations plus « sophistiquées » du Proche-Orient et de la Grèce. Pour le contexte, la bataille de Tollense est contemporaine de la bataille de Qadesh en Egypte (autour de 1274 avant notre ère), entre Ramsès II et les Hittites, ou encore de la semi légendaire guerre de Troie, entre les Mycéniens et les Troyens.

Or, la bataille de Tollense suggère une organisation beaucoup plus importante qu’on ne le pensait jusqu’alors. « Nous avions envisagé des scénarios de raids, avec des petits groupes tuant et volant de la nourriture, mais imaginer une bataille monumentale avec des milliers de personnes est très surprenant », déclarait Svend Hansen, chef du département Eurasie de l’Institut archéologique allemand (DAI) à Berlin. Les ossements et les artefacts bien conservés du site de Tollense attestent l’existence d’une classe de guerriers parfaitement entraînés et ont aussi suggéré que des peuples en provenance de diverses régions européennes se sont probablement joints à cette mêlée sanglante.

Le site de Tollense est spécial, exceptionnel.

Pourtant, lorsqu’il a été fouillé pour la première fois en 1996, il n’était pas évident que Tollense fut un champ de bataille. Certains archéologues avaient même suggéré que les squelettes pouvaient provenir d’un cimetière inondé ou qu’ils s’étaient accumulés au fil des siècles. Et il y avait des raisons d’être sceptique : avant Tollense, les preuves directes de violences à grande échelle à l’âge du bronze étaient rares, en particulier dans cette région.

« Pendant longtemps, nous ne croyions pas vraiment à la guerre dans la préhistoire », expliquait Hansen, de DAI. Les objets funéraires étaient décrits comme des objets de prestige ou des symboles de pouvoir plutôt que comme de véritables armes. « La plupart des gens pensaient que la société protohistorique était pacifique et que les hommes de l’âge du bronze se préoccupaient du commerce, etc. », explique Helle Vandkilde, archéologue à l’université d’Aarhus au Danemark. « Très peu de gens parlaient de guerre. » Les 12 000 ossements du site de Tollense ont changé tout cela.

Les corps de Tollense ont dû être jetés dans des étangs peu profonds, où le mouvement de l’eau a mélangé les os de différents individus. En comptant des os spécifiques et singuliers – des crânes et des fémurs, par exemple – les anthropologues légistes de l’UG, Ute Brinker et Annemarie Schramm, ont identifié un minimum de 130 individus, presque tous des hommes, la plupart âgés de 20 à 30 ans.

Ce chiffre suggère l’ampleur de la bataille. « Nous avons au minimum 130 personnes et cinq chevaux. Et nous n’avons fouillé que 450 mètres carrés. Cela représente au maximum 10 % de la couche de découvertes, peut-être seulement 3 ou 4 % « , expliquait Detlef Jantzen, archéologue en chef au MVDHP. « Si nous fouillions toute la zone, nous pourrions avoir 750 personnes. C’est incroyable pour l’âge du bronze. » Et si un participant sur cinq à la bataille avait été tué et laissé sur le champ de bataille, cela pourrait signifier que près de 4 000 guerriers auraient pris part aux combats.

Pour Brinker, l’anthropologue légiste chargé d’analyser les restes, c’est l’humidité et la composition chimique du sol de la vallée de Tollense qui ont pu préserver presque parfaitement les ossements. « Nous pouvons reconstituer exactement ce qui s’est passé », disait-elle en désignant deux petites coupures en forme de V sur un ossement. « Ces marques de coupure sur la côte montrent qu’il a été poignardé deux fois au même endroit. Nous en avons beaucoup, souvent avec plusieurs marques sur la même côte. »

La numérisation des os à l’aide de la tomodensitométrie microscopique (effectuée dans un institut de science des matériaux à Berlin et à l’université de Rostock) a livré des images 3D détaillées de ces blessures. Les archéologues ont alors identifié les armes responsables des coups, en faisant correspondre les images avec des scans d’armes trouvées à Tollense ou dans des tombes contemporaines en Europe. Les trous en forme de diamant dans les os, par exemple, correspondent à la forme distinctive des pointes de flèches en bronze trouvées sur le champ de bataille.

Toutefois, la raison pour laquelle ces individus de l’âge du bronze se sont rassemblés par centaines à cet endroit pour se battre et mourir demeure un mystère. La vallée de la Tollense, dont certaines parties sont marécageuses et d’autres plus « stables », était peut-être la raison de cette guerre. L’enjeu aurait pu être le contrôle d’un point de passage stratégique dans cette vallée, pour contrôler une route empruntée par les voyageurs et les commerçants circulant à travers la plaine du nord de l’Europe.

En 2013, des relevés géomagnétiques ont révélé la présence d’un pont ou d’une chaussée de 120 mètres de long traversant la vallée. Fouillée au cours de deux saisons de fouilles, la structure submergée était constituée de poteaux en bois et de pierre. La datation au radiocarbone a montré que même si une grande partie de la structure était antérieure à la bataille de plus de 500 ans, certaines parties pourraient avoir été construites ou restaurées à l’époque de la bataille, ce qui suggère que la chaussée a pu être utilisée de manière continue pendant des siècles.

L’équipe d’archéologues a également trouvé des restes humains et d’équidés enterrés un mètre ou deux plus bas, là où aurait pu se trouver le lit de la rivière à l’âge du bronze. Avec ces restes étaient mélangés des anneaux d’or (probablement portés sur les cheveux), des anneaux en spirale d’étain (peut-être portés sur les doigts) et de minuscules spirales de bronze (probablement utilisées comme décorations). Ces morts devaient être tombés ou avoir été jetés dans les parties les plus profondes du fleuve, s’enfonçant rapidement jusqu’au fond, où leurs objets de valeur étaient hors de portée des pilleurs.

Près du site de Tollense, à ce jour, aucun habitat de la période n’a été découvert, l’enjeu de la bataille devait donc être ce « pont-chaussée ».

Et pour ce « pont », des individus d’origines différentes semblent s’être battus. Des traceurs chimiques présents dans les restes osseux suggèrent que les guerriers de Tollense étaient des « locaux » (Poméranie) et d’autres venaient de bien plus loin, de régions à plusieurs centaines de kilomètres plus au sud (Europe centrale du sud). L’ADN des dents suggère que certains guerriers sont liés à des Européens plus au sud (Bavière, Bohême) et d’autres aux personnes vivant dans la Pologne et la Scandinavie d’aujourd’hui. « C’est une population très diversifiée », déclarait Joachim Burger, généticien à l’Université de Mayence.

Comme le dit Vandkilde de l’Université d’Aarhus : « C’est une armée comme celle décrite dans les épopées homériques, composée de petites bandes de guerre qui se sont rassemblées pour saccager Troie ». Le site de Tollense suggère une organisation sociale d’une ampleur inattendue. « Organiser une bataille comme celle-ci sur des distances immenses et rassembler tous ces gens en un seul endroit a été un formidable accomplissement », précisait Jantzen.

D’autre part, des preuves solides ont suggéré que ce n’était pas la première bataille de ces individus. 27 % des squelettes présentaient des signes de traumatismes guéris lors de combats antérieurs. « Il est difficile de déterminer la raison de ces blessures, mais celles-ci ne ressemblent pas à celles de jeunes agriculteurs typiques », expliquait Jantzen.

Également, des armes métalliques typiques et des restes de chevaux retrouvés mêlés à des ossements humains, suggèrent qu’au moins certains des combattants étaient bien équipés et bien entraînés. « Ils n’étaient pas des soldats-agriculteurs qui sortaient au printemps pour se bagarrer », expliquait Terberger. Il s’agissait de combattants professionnels, pour certains des cavaliers-guerriers.

On note également qu’à partir de l’étude des restes humains découverts, les chercheurs ont établi que des femmes étaient présentes sur cette zone de guerre datant de l’âge de bronze. Au moins deux ont à ce jour été identifiées avec certitude. Cependant, il est difficile d’établir leur rôle : guerrière, famille accompagnant les guerriers, commerçante, esclave ou une fonction spéciale liée au culte de la guerre ?

Enfin, en 2016, une nouvelle campagne de fouilles dans le lit de la rivière Tollense (à Weltzin) a permis de mettre à jour une série d’objets en bronze (voir photos ⬇️). Au total, il s’agissait de 31 objets étroitement regroupés, des « outils » probablement emballés à l’origine dans un contenant organique (« sac ») : un poinçon en bronze avec un manche en bois (bouleau), un couteau, un ciseau, des fragments de feuille de bronze, trois objets cylindriques, trois morceaux de lingots et un ensemble de petites pièces de bronze (déchets de coulée et chutes), des fibules et surtout une magnifique « boîte de ceinture » décorée (de type Dabel, voir photo ⬇️). L’analyse en laboratoire du manche en bouleau l’a daté de 1275 à 1180 avant notre ère, confirmant les précédentes datations et rattachant ces nouveaux objets trouvés au site de la bataille de de Tollense. La typologie les rapproche d’objets de la mème période trouvés essentiellement en Bohême et dans le sud de l’Allemagne. Il est difficile d’interpréter s’il s’agissait d’un dépôt « offrande » fait juste après la bataille ou d’un kit appartenant à un des individus morts durant la bataille.

Ensemble d’objets d’objets en bronze trouvé sur le site de Tollense (kit perdu par un guerrier). Image : Thomas Terberger/University of Göttingen/Lower Saxony State Office for Cultural Heritage.

Cela étant, ce kit confirme, avec les précédentes analyses scientifiques, qu’une partie des belligérants étaient originaires d’Europe centrale du sud (région géographique comprenant la Bavière, la Bohême, la Moravie). Mais quel a été leur rôle à Tollense, qui se situe à des centaines de kilomètres plus au nord ? Envahisseurs, alliés pris dans un conflit local ? Il faudra attendre de nouvelles recherches pour en savoir plus !

« Tollense pourrait entraîner une réévaluation de toute la période de l’âge du bronze, sur une aire allant de la Baltique à la Méditerranée », estimait l’archéologue Kristian Kristiansen de l’Université de Göteborg en Suède. « Cela ouvre la porte à de nombreuses nouvelles preuves sur la manière dont les sociétés de l’âge du bronze étaient organisées ».

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Sources : https://www.science.org/…/slaughter-bridge-uncovering…

Découverte exceptionnelle de la tombe d’un guerrier franc !

Les archéologues allemands ont récemment mis à jour les restes d’un guerrier, rattaché à la période mérovingienne, dans l’ouest de l’Allemagne.

Guerrier franc / Photo by Christoph Bassler / City of Ingelheim.

Il a été enterré il y a plus de 1300 ans avec au moins quatre armes et un bouclier. La tombe est intacte, – elle n’a pas été pillée contrairement à ses voisines -, ce qui la rend exceptionnelle.

La découverte a été faite en juin dernier en Rhénanie-Palatinat à Ingelheim – connue car au 8e siècle, Charlemagne y fit édifier une résidence d’été, appelée le Kaiserpfalz, dont on peut encore voir aujourd’hui des vestiges, voir photo ⬇️ -, lors d’une fouille d’un site funéraire datant du Haut moyen-âge. Les archéologues examinaient une « tâche » entre deux tombes qui avaient été pillées par le passé, et c’est le rebord d’un umbo de bouclier (« bosse en fer » pour faire simple) qu’ils ont finalement découvert. Les archéologues ont trouvé ensuite les restes d’un individu fort bien équipé pour la guerre : épée, couteau, lance, seax et bouclier !

Palais d’Ingelheim

L’objet le plus précieux qui l’accompagnait est une spatha, une épée à double tranchant qui avait été placée sur le bras droit de l’individu. [Voir photos du squelette avec ses armes et une magnifique reconstitution d’un type d’épée d’époque mérovingienne faite par D’Artkaci ⬇️]

Guerrier franc/Photo by Christoph Bassler / City of Ingelheim
Spatha/épée d’époque mérovingienne, avec couteau et ceinture, reconstitution archéologique par D’Artkaci (https://dartkaci.com/)

«La longueur de la lame de la spatha est d’environ 75 cm, toute l’épée, y compris la poignée et le pommeau, mesure environ 93 cm de long», rapporte Christoph Bassler, chef de l’équipe d’archéologues. «La lame est même légèrement flexible, ce qui témoigne d’un état de préservation exceptionnel.» D’autres armes ont également été découvertes : un large seax massif (un type d’épée courte ou long couteau), un couteau « lourd » et une lance (qui n’a que sa tête conservée). Des pièces métalliques en bronze faisant partie du fourreau du seax et d’une ceinture ont également été révélées par la fouille.

Les épaules étroites et légèrement surélevées du squelette montrent que le défunt a été enterré dans un cercueil en bois non conservé. Le corps a été analysé comme pouvant être âgé d’environ 30 à 40 ans. On ne sait pas encore les raisons de sa mort : blessure(s) ou de maladie. L’analyse des os devrait nous éclairer.

Pour la datation, c’est l’umbo de bouclier à bord large et le seax massif, qui indiquent le 7ème siècle selon les archéologues, il s’agirait d’un guerrier franc de la période mérovingienne.

Tous les objets et les restes osseux ont été remis à un laboratoire. De nombreux détails de l’ornementation, telles de probables incrustations en argent ne deviendront apparentes qu’une fois les couches épaisses de rouille nettoyées. Les investigations devraient, entre autres, réduire la datation provisoire de la tombe et nous éclairer sur qui était cet individu de haut prestige social. L’étude des armes et l’analyse ostéologique apporteront un nouvel éclairage sur la période mérovingienne à Ingelheim mais aussi sur la société mérovingienne en général.

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Source : https://www.medievalists.net/…/early-medieval-warriors…/

Bernard Cornwell et sa saga sur les Saxons et les Vikings !

Aujourd’hui, nous vous présentons le britannique Bernard Cornwell, star à l’international du roman historique « vraiment histo » mais malheureusement trop peu connu en France 📖✍️🧐

Né en 1944 à Londres, Bernard Cornwell a d’abord été professeur puis journaliste pour la BBC. Il vit aux États-Unis avec son épouse américaine depuis de nombreuses années. Bernard Cornwell est l’auteur de nombreux romans historiques mais sa saga qui nous intéresse tout particulièrement aujourd’hui est celle sur l’âge des vikings en Angleterre, intitulé « Les Chroniques saxonnes » (titre original : The Saxon Stories ou Saxon Tales et Saxon Chronicles aux États-Unis). L’action se déroule dans la Grande-Bretagne des IXe et Xe siècles, pendant les invasions danoises et raconte la naissance de l’Angleterre en tant que « nation ».

Le protagoniste principal de la série est Uhtred de Bebbanburg, né dans une famille de lords saxons en Northumbrie (nord de l’Angleterre et sud de l’Ecosse), puis capturé par des Danois (Danes). Au travers de ses multiples aventures et de son destin, c’est celui de la future Angleterre qui est narré.


Au passage, les romans de la série ont été adaptés en série télévisée sur Netflix, c’est The Last Kingdom, avec Alexander Dreymon dans le rôle d’Uhtred, et aussi avec un film, Sept rois doivent mourir (2023), qui conclut la série. Anecdote : Bernard Cornwell y fait une apparition en tant que figurant, voir photo ⬇️

Cornwell a raconté l’histoire d’Uhtred, l’héritier anglais de Bebbanburg (ou Bamburgh) sur 13 livres (dont les 6 premiers ont été publiés en français par la maison d’éditions Bragelonne, voir photo ⬇️).

C’est le récit – fictif, Uhtred n’a pas existé à cette période, voir un de nos posts précédents sur le sujet lien ici ➡️ https://belenion.fr/2023/09/02/focus-sur-la-serie-thelastkingdom-avec-son-heros-uhtred-dont-lepilogue-est-disponible-sur-netflix/ -, d’un noble guerrier qui après avoir été capturé et élevé par des Danois, sert le roi anglo-saxon Alfred. Son but : récupérer son domaine et son château de Bebbanburg, usurpés par son oncle.

L’auteur, qui a étudié l’histoire à l’University College de Londres, souhaitait depuis longtemps raconter la naissance de l’Angleterre. « Cela m’a toujours semblé très étrange que ce ne ne soit pas mieux connu », dit-il. « Je pense que j’ai reçu une très bonne éducation en histoire quand j’ai grandi en Angleterre, mais personne ne m’a jamais dit cela. L’école primaire m’a appris quelques éléments sur le roi Alfred, mais en gros, tout ce qu’on vous dit, c’est qu’il était très mauvais. D’une certaine manière, nous avons en quelque sorte oublié la période anglo-saxonne. »

[Petit aparté, à Bélénion, nous aimons aussi mettre en lumière des périodes méconnues et souvent maltraitées, d’où nos focus sur les sociétés pré-chrétiennes, car encore aujourd’hui en France, elles sont trop souvent victimes de stéréotypes alors qu’elles sont riches et fascinantes à plus d’un titre.]

Lors d’une tournée de dédicaces au Canada, Bernard Cornwell a retrouvé son père (qu’il n’avait pas revu depuis son enfance, ayant été adopté) dont le nom de famille était Oughtred. Il montra à Cornwell un arbre généalogique qui remontait au septième siècle. « J’ai vu ce nom Uhtred. Il m’a dit qu’il avait vécu au château de Bamburgh. Une fois que j’ai réalisé que je descendais de cet homme qui était le seigneur de Bebbanburg, c’était tout », dit Cornwell. « Je devais écrire un livre sur la création de l’Angleterre. La plupart des romans historiques ont une grande histoire et une petite histoire, et la grande histoire est l’histoire vraie. Je n’ai pas vu comment entrer dans cette petite histoire jusqu’à ce que je rencontre mon vrai père ».

Détail important pour tous les passionnés d’Histoire, dans chacun des tomes des Chroniques saxonnes, à la fin, vous trouverez une note historique exposant la « véritable » histoire derrière le récit. Ses livres, admet-il, « sont presque tous écrits de la même manière – une grande histoire en arrière-plan, une petite au premier plan. La fiction historique est une passerelle vers l’histoire réelle, et je pense que vous devez au lecteur de dire regardez, vous pouvez en savoir plus en suivant ces indices. »
Une vision du roman historique qui correspond intégralement à la nôtre, chez Bélénion !

La saga des Chroniques saxonnes est disponible en français (aux éditions Bragelonne), et en anglais (intégralité chez HarperCollins), n’hésitez pas à la dévorer ⚔️🛡️

A bientôt pour d’autres posts sur les romans histos « vraiment histos », ou sur l’archéologie et les faits historiques, les deux sources inépuisables et fondamentales pour écrire le meilleur roman histo, du point de vue de Bélénion bien-sûr !

Avec Bélénion, l’Histoire devient vivante 😉

Sources pour cet article : https://www.theguardian.com/books/2020/oct/15/bernard-cornwell-history-uhtred-sharpe-war-lord
https://en.wikipedia.org/wiki/The_Saxon_Stories

Focus sur la série The Last Kingdom avec son héros Uhtred, dont l’épilogue est disponible sur Netflix.

Inspirée des livres de Bernard Cornwell (grand maître anglais du roman historique, une référence !), cette fiction tv mêle des éléments historiques « vrais » à un récit fictif, contant les exploits (et les galères) du seigneur guerrier à la fois Dane (Danois) et Saxon, Uhtred de Bebbanburg.

– Uhtred a-t-il existé ? 🤔

Non et oui 🤯😁

Uhtred n’a pas existé à l’époque montrée par la série, c’est-à-dire celle du roi saxon Alfred le Grand (849-899) puis de son fils, Edward (env. 870-924). Par contre, on trouve la trace d’un Uhtred dans la noblesse de Northumbrie sous le règne de Aethelred II, c’est-à-dire bien plus tard, presque un siècle après ! Aethelred II est bien connu pour avoir ordonné le massacre de tous les Danois (des milliers tués) dans son royaume (lisez notre passionnant roman de Cécile Lozen, La Flamme rouge, pour tout savoir sur le sujet) et pour avoir été un roi ayant combattu durant tout son règne, les innombrables invasions « vikings » dirigées par les Danois, notamment par le roi Sven dit à la Barbe fourchue, le fiston du fameux roi Harald à la dent bleue !

Notre « histo » Uhtred est mentionné dans plusieurs chartes royales, avec le mot latin « Dux » (qui veut dire chef et qui a d’ailleurs donné en passant le mot « duc »). Comme dans la série, il était un noble confronté aux instabilités « géopolitiques » de son temps et a dû mener plusieurs batailles, pour le compte du roi anglais.

Le Uhtred historique est également mentionné dans la Chronique anglo-saxonne (source contemporaine de son époque) pour s’être soumis en 1013 (sans combattre.. !) au roi danois Sven à la Barbe fourchue, lors de son énième invasion de l’Angleterre, cette fois-ci couronnée de succès car le Danois devient roi d’Angleterre (et oui, un « Viking » sur le trône des Anglois !). On rejoint là un peu la série car le Uhtred fictif est partagé entre sa fidélité aux Danes (« Vikings ») et celle au roi(s) saxon(s).

Mais le nouveau roi danois Sven meurt rapidement (un an après) et Aethelred II qui s’était réfugié chez le duc de Normandie (Richard II), revient en Angleterre pour reprendre son trône. À partir de ce moment-là, notre Uhtred historique n’aura de cesse de combattre aux côtés du roi anglais Aethelred II puis de son fils Edmond. En face, il affronte le fils du roi danois Sven, Cnut le grand, qui finit par s’emparer du trône anglais en 1016, à la mort d’Edmond.

Cela devient alors compliqué pour notre Uhtred histo : il finit assassiné par un certain Thurbrand, probablement sur ordre de Cnut. Et Thurbrand est tué par le fils d’Uhtred, Ealdred. Et Ealdred est assassiné par Carl, le fils de Thurbrand ! Le cycle de vengeance ne finit pas car le fils du fils d’Uhtred, prénommé Waltheof, assassine dans la foulée toute la descendance de Thurbrand…

Une vie intense et tragique pour le « vrai » Uhtred qui aurait également mérité une série !

– La fameuse épée de Uthred dans la série est-elle représentative de son époque ?

La réponse est… devinez en jetant un coup d’œil sur notre photo-montage ci-dessus ⬆️

L’épée la plus représentative pour la période du Uhtred « fictif » est celle trouvée à Abingdon (Oxfordshire), avec son splendide pommeau décoré, typique du fin 9ème – début 10ème siècle. On peut y voir divers motifs entrelacés à la fois humains, végétaux et animaux. Les symboles des 4 évangélistes y seraient représentés. L’épée originale (le pommeau restant) est visible au Ashmolean Museum à Oxford et la version entière reconstituée au musée d’Abingdon (Abingdon County Hall Museum).

Voilà pour ce petit focus, n’hésitez pas à nous suivre pour en lire d’autres et pour nous soutenir ! Avec Bélénion éditions, l’Histoire devient vivante ! 😉

Découverte en Pologne d’un vaste cimetière gothique regorgeant de bijoux !

C’est Olaf Popkiewicz, un passionné d’archéologie, qui lors d’une marche au cœur du parc naturel Wdecki Krajobrazowy (niché près du village de Stara Rzeka dans le nord de la Pologne), a découvert un trésor : deux colliers en argent, deux fibules également en argent, avec des perles appartenant à un autre collier. Voir photo ⬆️ Il a de suite averti les archéologues qui se sont dépêchés sur le site.

250 mètres carrés ont été fouillés et 50 tombes viennent d’être mises à jour. La zone explorée représente probablement une fraction d’un ancien site funéraire, qui, selon les chercheurs, pourrait s’étendre sur plus de 2,5 acres (1 hectare).

Ce site a révélé des restes enterrés dans des tombes à fosse mais aussi des crémations déposées dans des urnes.

À l’intérieur des tombes, les défunts étaient accompagnés d’une riche collection d’objets funéraires, notamment des poteries, des broches en argent, des perles d’ambre et de verre (voir photo ⬇️ ),

Une perle trouvée dans le cimetière gothique de la Wda. Crédit image Wdecki Park Krajobrazowy.

des peignes en os et d’autres bijoux décorés de motifs de serpents (voir photo ⬇️ )

Un artefact sculpté arborant un motif de serpent que les archéologues ont trouvé dans le cimetière gothique. Crédit image Wdecki Park Krajobrazowy.

Ces précieux objets en excellent état de conservation ont été datés du 4e siècle et certains ont été décrits comme provenant de Scandinavie ou encore de de la mer Noire.

Ces sépultures ont été associées à la culture de Wielbark, qui se serait développée de la Baltique « polonaise » jusqu’aux territoires ukrainiens de l’ouest bordant la mer noire, du 1er au 4e siècles. Cette culture est communément considérée comme une potentielle manifestation archéologique des « Goths », un groupe diversifié de tribus germaniques, qui selon certains récits, seraient originaires de Scandinavie. Cela pourrait expliquer pourquoi ces tombes contenaient des objets en argent en provenance de Scandinavie et de la mer Noire.

Cimetière gothique découvert dans le parc polonais de la Wda. Crédit image Wdecki Park Krajobrazowy.

Entre le 1er et le 5e siècles, ce seraient ces tribus de « Goths » qui migrent vers les territoires de l’Empire romain, se séparent et donnent (pour résumer vite) d’une part les Wisigoths et d’autre part, les Ostrogoths. Et selon Magdalena Natuniewicz-Sekuła (chercheuse à l’Institut d’archéologie et d’ethnologie de l’Académie polonaise des sciences de Varsovie), ils auraient été des orfèvres et des argentiers talentueux.

Un chercheur fouille une urne funéraire trouvée dans le parc naturel de Wda. Crédit image Wdecki Park Krajobrazowy.

Par ailleurs, en 2020, des archéologues avaient déjà découvert dans le nord de la Pologne (dans le village de Weklice), un cimetière « gothique » contenant des centaines d’ornements en argent qui « étaient faits d’un métal de très haute qualité, dont la finesse dépassait même la composition des bijoux actuellement produits ». « La qualité des bijoux – y compris les bracelets, les fermoirs et les décorations de tenues – était aussi élevée que celle des ornements de l’Empire romain,  » précise la chercheuse Magdalena Natuniewicz-Sekuła.

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#archéologie #news #antiquité #ageduFer

Sources : https://arkeonews.net/excavations-in-poland-uncover-goth…/

Vikings : une tombe d’une femme avec une hache

Vous l’aviez peut-être manqué quand c’est sorti alors on vous fait un petit focus sur une tombe découverte au Danemark, sur l’île de Langeland, qui contenait les restes d’une femme et d’une hache. Selon l’archéologue Leszek Gardeła, cette femme « viking » pourrait être « Slave ».

Illustration artistique de la reconstitution ⬇️

[Au passage, on précise que l’île danoise de Langeland regorge en quantité phénoménale de monuments mégalithiques – voir photo ci-dessous ⬇️ un site incontournable à visiter pour tous les passionnés ! ]

Découverte il y a de nombreuses années dans le cimetière médiéval de l’île danoise de Langeland, la tombe située à Bogøvej est exceptionnelle : il s’agit d’une femme accompagnée d’une hache. Or cette hache, selon le docteur Gardeła, sort également de l’ordinaire car elle provient de la région de la Baltique du sud, probablement de l’actuelle Pologne.

Selon le chercheur, les caractéristiques de l’inhumation : une tombe à chambre avec un cercueil ajouté et l’arme découverte – la hache -, suggèrent que la femme décédée pourrait être « Slave » et de haut rang.

Sur les os qui ont été conservés, aucune trace évidente (telle qu’une blessure) n’a pu révéler la cause du décès. La sépulture est datée d’un peu plus de mille ans grâce à la présence d’une pièce de monnaie arabe du Xe siècle.

L’archéologue Leszek Gardeła souligne qu’il s’agissait de la seule tombe du cimetière contenant des armes.

Selon lui, « la présence de guerriers slaves au Danemark était plus importante qu’on ne le pensait auparavant » et il souligne que la présence d’une femme possiblement « slave » enterrée dans un cimetière danois n’est pas nécessairement surprenante. « Au Moyen-âge, cette île (Langeland) était un melting pot de Slaves et de Scandinaves » – précise le chercheur.

Une question se pose avec cette tombe de Langeland, le fait que cette femme soit possiblement d’origine slave serait-il lié à sa fonction guerrière ?

Par ailleurs, selon l’archéologue, les tombes de femmes dites « guerrières » sont le plus souvent équipées de haches, et à une fréquence moindre, on trouve des pointes de flèches ou des lances. Et donner une signification précise aux armes trouvées dans ces tombes exceptionnelles n’est pas aisé. « Certaines des haches sont si mal conservées que des analyses ne sont pas possibles. Celles qui sont en meilleur état ont l’air d’avoir été placées dans la tombe juste après avoir été fabriquées et cela peut-être dû au fait que leurs lames ont été affûtées, et par conséquent, il n’y a pas d’entailles dessus. Mais il est possible aussi que certaines armes aient été fabriquées spécifiquement pour les funérailles », souligne-t-il.

L’archéologue pense que les femmes vikings utilisaient les armes, essentiellement pour des rituels religieux ou pour la défense.

D’autre part, les ossements ne sont pas conservés dans la plupart des tombes de cette période, il est donc difficile de découvrir comment les personnes enterrées là sont mortes, ou de confirmer sans ambiguïté leur sexe biologique. Les chercheurs sont ainsi convaincus que certaines des tombes contenant des armes pourraient être des sépultures de femmes, principalement en raison d’équipements supplémentaires, par exemple des ornements et des bijoux typiquement féminins.

Pour finir, en plus des « vraies » armes comme les haches, ce sont également des miniatures d’armes sous la forme par exemples de petits boucliers, haches ou épées, qui ont été découvertes dans de nombreuses tombes de femmes. Cela reste d’ailleurs un « mystère » pour les chercheurs quant à leur signification (on fera un autre focus bientôt sur le sujet !).

Et on en profite au passage pour rappeler que La Flamme rouge, roman publié par Bélénion éditions, traite de la période de l’an mille, la période de la tombe de cette femme « viking slave à la hache ». Dans ce roman qui est une saga à la fois épique et intimiste écrit par Cécile Lozen, le voyage dans le temps à l’ère des « vikings » (avec les Danois, Slaves de la Baltique, Normands et Anglo-saxons) se fait réaliste et immersif ! Lien ici ➡️https://belenion.fr/la-boutique/ ou https://amzn.eu/d/4aM9bnO

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#archéologie #vikings #slaves

Sources pour cet article : https://nauka.rocks/wojowniczka-wikingow/ (2019)

https://scienceinpoland.pl/…/news%2C77881%2Cpolish… (2019)

Leszek Gardeła, Women and Weapons in the Viking World: Amazons of the North, Oxbow Books, 2021.

Les Yamnayas, premiers cavaliers de l’histoire de l’humanité !

Les Yamnayas, ce peuple nomade originaire des steppes pontiques (à l’extrémité occidentale de la grande plaine eurasienne), ne figurent dans aucun livre d’histoire à l’école et pourtant ! Venus du nord de la mer Noire, ils sont supposés avoir « conquis » les territoires correspondant aujourd’hui à l’Europe, il y a environ 5 000 ans. Et la majorité des Européens actuels aurait 35 % de gènes qui leur seraient liés.

Les Yamnayas sont un peuple d’éleveurs nomades de l’âge du bronze, il y a environ 4000 à 5000 ans. Ils auraient été les premiers à avoir mis au point le chariot à roue tiré par des bovins. Ils sont aussi connus parce qu’ils enterraient leurs défunts dans des tumuli appelés « kourganes ». Voir photo ⬇️

Si les Yamnayas ont pu s’implanter au fil des siècles sur les territoires « européens », c’est en partie car ils auraient été des individus plus grands et en meilleure santé que les « Européens » présents à l’époque. Mais, surtout, c’est un fait culturel qui les aurait grandement aidés : la pratique de l’équitation. Ils sont en effet les premiers à avoir monté des chevaux pour se déplacer et pour guider leurs troupeaux. Cette coutume équestre leur aurait ainsi donné un avantage fondamental dans leur traversée et dans leur établissement en « Europe ».

Une étude dont les résultats ont été rendus publics en mars dernier (First bioanthropological evidence for Yamnaya horsemanship, Science Advances – Volume 9 | Issue 9 – March 2023), s’est focalisée sur 217 squelettes provenant de différents sites en Europe, des chercheurs de l’université d’Helsinki en Finlande ont découvert que 150 d’entre eux provenaient d’individus de la culture des Yamnayas et certains de ces squelettes portaient des traces physiques caractéristiques causées par la pratique de l’équitation. Les archéologues ont déterminé six critères, lesquels ensemble, tendent à fournir la preuve de la pratique de l’équitation. Ces critères se nomment « pathologies de l’équitation ».

D’autre part, dans une tombe découverte à Csongrad-Kettőshalom en Hongrie, les archéologues de l’université d’Helsinki ont fait une autre trouvaille intéressante. Ils ont découvert une tombe dont l’individu n’était pas un Yamnaya, car il vivait environ 4300 ans avant notre ère. Des analyses de son squelette ont permis de mettre en évidence la présence de quatre « pathologies de l’équitation » sur les six. Cette découverte pourrait donc signifier que certains individus ont pu monter à cheval au moins 1000 ans avant les Yamnayas.

À quoi ressemblaient ces chevaux des steppes ?

Martin Trautmann de l’université d’Helsinki déclare que les chevaux des Yamnayas étaient plus petits que les chevaux actuels. « Ils possédaient un torse développé et puissant et des jambes courtes et trapues, à l’instar des chevaux de Przewalski », révèle-t-il. Voir photo ⬇️

Un cheval « Przewalski » à Khustain en Mongolie (droits Wikimedia Commons).

Une pratique de l’équitation dans quel but ?

Les scientifiques estiment que le cavalier s’agrippait à son cheval, sans selle ni étriers (les selles n’apparaissent qu’après l’an 1000 avant notre ère, tandis que les étriers ne devaient apparaître que plus tard encore). Malgré l’inconfort et la difficulté que cela impliquait, les chercheurs n’écartent pas entièrement la piste d’une fonction guerrière de ces premiers cavaliers, même si l’utilité du cheval dans ce registre était sans doute relative.

En somme, comme l’a déclaré Martin Trautmann de l’université d’Helsinki, un des signataires de l’étude, «il s’agissait de cowboys, et non pas de guerriers » 🤠

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Sources : https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.ade2451#F5

https://www.livescience.com/worlds-1st-horseback-riders…

La tombe du guerrier était celle d’une guerrière !

Des scientifiques viennent de résoudre le mystère d’une tombe vieille de 2 000 ans découverte en 1999 sur les îles Scilly, en Cornouailles britanniques.

C’est une étude scientifique menée par Historic England qui a permis de trancher définitivement sur le sexe de l’individu enterré dans cette tombe, datée de 100 à 50 avant notre ère.

Ce site funéraire découvert sur l’île de Bryher (une des îles de Scilly) en 1999 a intrigué dès sa découverte les archéologues en raison de son contenu unique : un miroir et une épée ont été trouvés à côté de restes humains. Voir photo ⬇️

En effet, à l’âge du fer en Europe occidentale, les épées sont en règle générale associées aux sépultures masculines et les miroirs aux sépultures féminines. Or cette tombe contenait les deux… 🤯

L’équipe de chercheurs d’Historic England s’est donc tournée vers une nouvelle technologie, l’analyse de l’émail dentaire, la substance la plus dure et la plus résistante du corps humain, qui comporte des protéines liées au chromosome X ou Y. En extrayant des traces de ces protéines à partir de minuscules morceaux d’émail dentaire issus de la tombe, les chercheurs ont réussi à déterminer qu’à 96 % l’individu enterré était une femme.

Cette découverte offre ainsi un aperçu exceptionnel du rôle des femmes dans la Grande-Bretagne de l’âge du fer, une époque supposée marquée par des conflits et des guerres intercommunautaires. La tombe contient des indices précieux sur l’éventuelle implication de cette femme dans de telles activités.

Les miroirs, outre leurs applications pratiques, possédaient une signification symbolique, servant d’outils de signalisation et de communication lors d’attaques. Ils auraient également eu une importance rituelle, permettant la communication avec le monde de « l’au-delà ».

Le Dr Sarah Stark, biologiste spécialiste du squelette humain à Historic England, souligne l’importance du contenu funéraire pour comprendre le rôle de « la guerrière » à l’âge du fer. « Bien que nous ne puissions jamais connaître complètement le symbolisme des objets trouvés dans les tombes, la combinaison d’une épée et d’un miroir suggère que cette femme avait un statut élevé au sein de sa communauté et peut avoir joué un rôle de premier plan dans la guerre locale, organisant ou dirigeant des raids sur des groupes rivaux », dit-elle.

Stark ajoute : « Cela pourrait suggérer que l’implication des femmes dans les raids et d’autres types de violence était plus courante dans la société de l’âge du fer que nous ne le pensions auparavant, et cela aurait pu jeter les bases à partir desquelles des dirigeants comme Boudicca (reine de la tribu celtique des Icéniens qui a dirigé une coalition armée contre les Romains au 1er siècle), émergeraient plus tard. »

Cette épée et ce miroir sont exposés au Musée des îles Scilly (Royaume-Uni).

Source : https://www.theguardian.com/…/isles-of-scilly-remains…

https://historicengland.org.uk/whats-new/news/new-scientific-study-solves-mystery-2000-year-old-grave/

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Évènement/Dédicace

Le week-end du 22 et 23 juillet, c’est séance de rencontre en Bretagne au Village de l’an mil Officiel (Morbihan) !

Un voyage dans le temps grâce au lieu – ce site est une reconstitution archéologique d’un hameau de l’an 1000, et grâce au roman historique de Cécile Lozen, la Flamme rouge, qui traite de l’an 1000 également.

Venez nombreux vivre l’an 1000 à tous les niveaux, une expérience inoubliable ! 🙃⚔

Ce qui a inspiré le « cadran de la destinée » du dernier Indiana Jones

Tout commence en 1900, au large de l’île grecque d’Anticythère, – une terre aride de rocs et de falaises surplombant la mer -, un groupe de pêcheurs d’éponges observe, gisant dans l’abysse marin, les restes d’une épave et de ce qu’ils pensent être des corps… Ils remontent, terrifiés par leur vision. Ils y retournent et constatent alors, médusés, que les cadavres entraperçus sont en réalité des statues. Les pêcheurs-plongeurs viennent de découvrir une épave qui regorge de trésors antiques.

Les plongeurs sont embauchés par le gouvernement grec et, dirigés par des archéologues, ils remontent des statues de marbre et de bronze, de l’or et des bijoux, des meubles (un trône par exemple), des armes, de belles coupes en verre, également un étrange objet en mauvais état, il s’agit du fameux mécanisme d’Anticythère. Voir photo ⬇️

Que sait-on sur ce navire tombé au fond des eaux ?

Le navire aurait navigué entre 70 et 60 avant notre ère. Il revenait de la côte d’Asie Mineure (de Méditerranée orientale). Au départ, l’épave a été identifiée comme étant un navire romain ramenant des trésors pillés et ayant sombré lors d’une tempête. Mais une analyse plus approfondie de l’épave a suggéré que ce serait plutôt un navire de commerce grec avec à son bord une cargaison de luxe.

Quel est cet objet mystérieux ?

Au moment de sa découverte, le mécanisme d’Anticythère était enfermé dans un bloc de métal corrodé et les experts n’ont commencé à réaliser l’importance de l’objet qu’en 1902, lorsque l’amas s’est brisé pour révéler un réseau complexe d’engrenages. Daté d’il y a plus de 2 000 ans (la datation oscille entre environ 200 à 60 avant notre ère), le mécanisme Anticythère « est probablement l’artefact le plus excitant que nous ayons du monde antique », déclare Jo Marchant (auteur du livre Decoding the Heavens: Solving the Mystery of the World’s First Computer, 2008). Plus d’un millénaire avant que les Européens du 13e siècle n’inventent les premières horloges mécaniques, le mécanisme d’Anticythère utilisait une technologie tout aussi complexe – avec des roues dentées, des cadrans et des pointeurs – pour cartographier le cosmos. Les anciens l’utilisaient pour suivre le mouvement du soleil et de la lune ainsi que pour prédire les éclipses et les événements sportifs comme les Jeux olympiques.

Quel rapport avec le « cadran de la destinée » dans le dernier Indiana Jones ?

Le cadran d’Archimède dans le film est une version fictive du mécanisme d’Anticythère. Mais contrairement à ce qui est montré, évidemment, le mécanisme d’Anticythère ne transporte pas dans le temps, pas littéralement du moins.

Les observateurs ont initialement émis l’hypothèse que le mécanisme pourrait être un appareil de navigation, également un objet « moderne » largué sur le site de l’épave d’Anticythère des siècles après le naufrage du navire. On vous passe les théories farfelues qui n’ont aucun intérêt… 🤯

En 2021, une équipe de la revue Scientific Reports a présenté un modèle informatique du mécanisme, montrant comment l’appareil aurait pu fonctionner. Pourtant, une grande partie du mécanisme reste inconnue, ainsi que son créateur.

« C’est de loin le dispositif technologique le plus sophistiqué qui a survécu de cette époque », déclare Marchant. « C’est essentiellement un univers de poche, comme un modèle du cosmos. C’est le summum. Nous ne connaissons rien d’autre d’aussi complexe que cela ». Le mécanisme d’Anticythère fascine, d’où cette version fantasmée dans le dernier Indiana Jones.

Archimède a-t-il créé le mécanisme d’Anticythère ?

Pour Marchant, il faut plutôt se tourner d’abord vers Cicéron, qui était un écrivain et un homme politique du premier siècle avant notre ère. Il a écrit des descriptions d’appareils qui ressemblent assez à l’Anticythère. Cicéron parlait de machines en bronze, de globes qui tournent pour montrer les mouvements du ciel. Et l’un d’eux, il l’attribua à un philosophe nommé Posidonius, qui vivait à Rhodes au premier siècle avant notre ère, à la même période où le navire a coulé. La théorie principale est que l’appareil a été fabriqué dans un atelier de Rhodes, peut-être l’atelier de Posidonius, probablement pour un riche acheteur qui vivait dans le nord de la Grèce et qui était expédié de Rhodes vers le nord de la Grèce lorsque le navire a coulé.

Cicéron a également écrit sur un autre appareil qui, selon lui, a été construit par Archimède, le légendaire mathématicien et inventeur. Archimède a vécu quelques siècles trop tôt pour avoir fabriqué ce mécanisme particulier d’Anticythère. Mais il aurait pu facilement inventer cette idée de représenter l’univers ou les mouvements célestes dans une machine utilisant des roues dentées en bronze.

Quelle était sa fonction ?

Marchant explique que les scientifiques convergent vers une théorie, celle d’un dispositif philosophique et/ou d’enseignement. Le mécanisme résume la connaissance de ce qu’est l’univers et son fonctionnement, et c’était une façon de partager cette connaissance avec d’autres personnes. Certaines des inscriptions qui y figurent ressemblent presque à des légendes que vous pourriez voir dans une exposition de musée. Il s’adresse aux profanes. Ses inscriptions ne sont pas des instructions à destination d’un professionnel.

Cet appareil représente un changement de mentalité pour l’époque, il matérialise une compréhension « mathématique » de l’univers, incarnant ainsi sa structure scientifique.

Le mécanisme d’Anticythère est exposé au Musée Archéologique National d’Athènes. Le film Indiana Jones et le cadran de la destinée est actuellement à l’affiche au cinéma.

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Photos : mécanisme d’Anticythère au musée archéologique d’Athènes, photos pour Indiana Jones et le cadran de la Destinée (Lucas Film).

source : https://www.smithsonianmag.com/…/the-real-history…/