La lampe à huile « mystérieuse » de Cortona !

Le précieux lustre étrusque de Cortona exposé à la Fondation Rovati (image Fodation Rovati).

Depuis près de deux siècles, une lampe à huile étrusque découverte près de la ville de Cortone (Italie), déconcerte les chercheurs.

Elle a été trouvée dans un fossé et le contexte archéologique l’entourant demeure ignoré.

Localisation de Cortona (© DeA Picture Library/Art Resource, NY)

Les figurations présentes sur cette lampe apparaissent uniques dans le monde antique méditerranéen.

Cette lampe à huile qui est un lustre (elle était donc destinée à être pendue), mesure 58,42 cm de diamètre, pèse 57,6 kg, est en bronze et date d’environ 480 avant notre ère. Elle appartient à la culture étrusque.

Au centre de la lampe, on peut voir une Gorgone entourée de serpents puis d’une frise d’animaux, dont des dauphins.

Dans le cercle suivant, des silènes accroupis jouant d’un instrument de musique, alternent avec des sirènes ailées.

Également, sur les becs, on note des têtes à cornes de taureau, que les chercheurs ont traditionnellement interprété comme une représentation du dieu Achéloos (divinité du fleuve).

Lampe à huile suspendue de Cortona (Italie), 5ème avant notre ère, culture étrusque (Courtesy Museo dell’Accademia Etrusca e della Città di Cortona).

Mais une erreur d’identification empêche peut-être, depuis deux siècles, l’interprétation de cette lampe !

« Quand j’ai regardé la lampe, quelque chose n’allait pas », explique l’archéologue Ronak Alburz de l’Université de Melbourne. « Je ne comprenais pas pourquoi Achéloos était représenté car il n’y a aucun lien significatif entre les Silènes et les Sirènes. »

Alburz pense que les visages, présentés comme des détails séparés, représentent en fait Dionysos tel un dieu solaire en orbite.

En effet, dans la cosmologie des Étrusques, présents dans le centre de l’Italie entre le 8ème et le 3ème siècle avant notre ère, le ciel était divisé en 16 régions.

Alburz pense que les 16 figurations de visages à cornes sont celles de Dionysos, et combinées aux autres personnages – qui sont souvent associés au dieu, prouvent que le lustre représente le thiase de Dionysos, ou sa suite, en train d’accomplir un rituel extatique.

Pour l’archéologue, la lampe a probablement décoré un temple dans lequel des rites associés aux mystères dionysiaques étaient célébrés.

« Il existe peu de connaissances sur le culte de Dionysos en Étrurie », explique Alburz, « donc tout nouveau témoignage est très précieux ».

Mais «la possibilité de son utilisation dans la tombe d’un initié [aux mystères dionysiaques] fortuné ne peut pas être entièrement écartée », conclue-t-elle, prudente.

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Sources : https://phys.org/…/2024-04-unraveling-iconography…

Ronak Alburz et al, A Re-Evaluation of the Iconography of the Etruscan Bronze Lamp of Cortona, Etruscan and Italic Studies (2024). DOI: 10.1515/etst-2023-0019

Découverte exceptionnelle d’un petit animal sculpté daté de l’an mille, en Islande !

Décor reconstitué d’un village islandais autour de l’an 1000 (site abandonné) près de la montagne de Vestrahorn, sur la péninsule de Stokksnes. © Mumemories/Getty Images

Des fouilles archéologiques dans le village de Seyðisfjörður, dans l’est de l’Islande, ont permis de découvrir un mini artefact original et rare. Sculpté dans la roche volcanique, l’animal ressemble à un ours ou à un cochon.

Sculpture miniature (support en pierre volcanique) datée fin 10ème siècle, trouvée lors de fouilles près de Seyðisfjörður (Islande).

Il pourrait s’agir d’un jouet selon les archéologues. Mais peut-on vraiment écarter l’hypothèse d’un petit objet votif ? La question reste posée !

Dans une déclaration au journal local « Austurfrétt », Ragnheiður Traustadóttir, directrice des fouilles de Seyðisfjörður, a déclaré : « Nous examinons l’objet de plus près, mais nous l’interprétons toujours comme un jouet, mais les opinions divergent quant au type d’animal dont il s’agit. »

Elle a poursuivi en disant que l’objet ressemblait fortement à un ours ou à un sanglier, bien que d’autres théories aient également été proposées, notamment un chien islandais. « Mais quand on tient l’objet », a-t-elle dit, « il ne ressemble pas à un chien. »

Sculpture miniature (support en pierre volcanique) datée fin 10ème siècle, trouvée lors de fouilles près de Seyðisfjörður (Islande).

L’objet mesure 5 cm de long et 2,7 cm de large, est fait de tuf volcanique (une sorte de roche volcanique tendre) et est très bien conservé. Ragnheiður a noté qu’il est rare de trouver de tels objets sur les sites de fouilles, surtout en si bon état. Une oreille de la mini sculpture est légèrement endommagée mais elle peut encore tenir debout sur une surface plane.

Cette découverte récente, bien que remarquable, n’est pas unique près de Seyðisfjörður.

Village de Seyðisfjörður (Islande) / Photo Wikimedia, Creative Commons, by Joe DeSousa.

Les archéologues effectuent des fouilles depuis 2020 dans ce village de l’est de l’Islande, découvrant des structures et des artefacts bien préservés datant de 940 à 1100, dans des couches successives de glissements de terrain. Parmi les découvertes récentes, on compte une perle aux couleurs du drapeau islandais, qui a suscité un vif intérêt. Cette perle, ainsi que d’autres découvertes telles que des pièces de jeu, a été trouvée près de la ferme de Bjólfur, site de l’un des premiers colons islandais.

Ces dernières semaines, les archéologues de Seyðisfjörður ont découvert un nombre important d’objets fabriqués à partir de tuf volcanique, dont 70 fragments de pièces d’échecs et d’autres objets tels que des fusaïoles et un cristal de roche, tous datant de 940 à 1000.

Au total, quelque 600 objets ont été trouvés à Seyðisfjörður cet été. De quoi nourrir les recherches en cours et les musées islandais !

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Sources : https://www.icelandreview.com/…/rare-archaeological…/

https://www.austurfrett.is/…/utskoridh-leikfang-fannst…

Un trésor de 3 600 ans trouvé en République tchèque !

Trésor de Budyně Nad Ohří, daté de l’âge du bronze moyen. Image : Lucie HeyzlováČeský rozhlas – Podřipské Museum

Les archéologues ont récemment découvert un trésor d’artefacts datés de l’âge du bronze, en effectuant des sondages lors de fouilles préventives.

Les objets en bronze – qui comprennent huit anneaux de bras, deux épingles, huit haches et une lance – ont été trouvés près de Budyně Nad Ohří, une ville à environ 60 kilomètres au nord-ouest de Prague.

Les chercheurs estiment que la plupart des éléments (trouvés à l’aide de détecteurs de métaux) datent d’environ 1600 av. notre ère. On est donc en plein milieu de l’âge du bronze. [Au passage, une petite précision pour le plaisir : l’âge du bronze débute en Europe centrale avec la culture d’Unétice, vers 2300-1600 av. notre ère, qui doit son nom à la ville d’Únětice, située au nord-ouest de Prague.]

« La plupart des objets sont caractéristiques de l’âge du bronze moyen, avec une seule hache appartenant à la période précédente », a déclaré Martin Trefný, professeur à l’Université de Jan Evangelista Purkyně de Ústí nad Labem (Tchéquie). La hache plus ancienne date elle des prémices de l’âge du bronze.

« Les haches auraient pu être utilisées comme outils ou armes. Cette dernière utilisation s’applique également à la lance », a déclaré Trefný. « Les bracelets étaient des ornements d’avant-bras et les épingles servaient soit à fixer des vêtements ou, par exemple, à coiffer les cheveux des femmes. »

Trésor de Budyně Nad Ohří, daté de l’âge du bronze moyen. Image : Lucie HeyzlováČeský rozhlas – Podřipské Museum

Concernant le contexte d’enfouissement de ce « trésor », les archéologues demeurent perplexes mais ils ont tout de même proposé trois possibilités.

« Dans le premier cas, les objets sont présumés avoir une fonction votive, ce qui signifie qu’ils ont servi de sacrifices aux divinités », a déclaré Trefný. « Dans le deuxième cas, nous parlons d’une fonction économique, où les artefacts sont interprétés comme, par exemple, du stockage, à destination des fabricants. »

Enfin, les objets enterrés pourraient refléter « une situation de crise, où il était nécessaire de cacher les objets précieux, par exemple, aux ennemis », a-t-il déclaré.

Tête de lance et hache du trésor de Budyně Nad Ohří, daté de l’âge du bronze moyen. Image : Lucie HeyzlováČeský rozhlas – Podřipské Museum

Le trésor pourrait valoir « des millions de couronnes », a déclaré Trefný (1 million de couronnes tchèques, ou koruna, coûte environ 40 000 €)

Prochainement, ce trésor sera exposé au Podřipské Museum, situé à environ 50 km au nord de Prague.

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Source : https://www.livescience.com/…/3600-year-old-jewelry-and…

A Paraître chez nous !

En octobre chez Bélénion éditions, un nouveau roman historique intitulé Par ce cri tu vaincras et écrit par Alban Leloup !

La période historique concerne l’antiquité tardive… 📖🏛️

Un nouvel indice est disponible dans cette image ⬆️😁 à l’instar du dernier teaser publié (avec un moine, une forêt et des os) ⬇️

N’hésitez pas à nous suivre sur Bélénion pour en savoir plus, début septembre, nous révèlerons la couverture 😉

Avec Bélénion éditions, l’Histoire devient vivante !

La sublime dague de Hindsgavl !

La dague dite de « Hindsgavl » (en danois : Hindsgavldolken), découverte en 1886 sur l’île danoise de Fænø, est un poignard en silex dit « à queue de poisson » de la fin du néolithique nordique. Il est exposé au Musée national du Danemark, à Copenhague.

Pour l’anecdote, il figure sur le billet de banque danois actuel de 100 couronnes.

Le poignard a été découvert en 1867 par un petit garçon dans un champ, sur les terres du domaine de Hindsgavl, situé sur l’île de Fænø.

La dague de Hindsgavl a été fabriquée en silex vers 1900-1800 av. notre ère. Elle mesure 29,5 cm de long et possède une épaisseur de lame inférieure à 1 cm.

Il s’agit d’un exemple de poignard dit « en queue de poisson », nommé ainsi en raison de la forme de son manche.

La dague dite de « Hindsgavl », Nationalmuseet, Copenhagen, Denmark, photo by Kim Bach.

Le design s’inspire des poignards en bronze importés, qui avaient déjà commencé à apparaître sur le marché nordique.

Le manche allongé et les courbures du poignard Hindsgavl s’inspirent clairement des poignards contemporains en bronze d’Europe centrale.

La production de poignards en silex s’est poursuivie jusqu’à l’âge du bronze nordique.

Une œuvre magnifique !

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Source : https://natmus.dk/…/genstande-fra…/hindsgavl-dolken/

La dague dite de « Hindsgavl », Nationalmuseet, Copenhagen, Denmark, photo by Kim Bach.

Focus sur le « Scar boat burial » dans les Orcades !

Plaque en os de baleine avec deux dragons trouvé dans la sépulture-bateau du site de Scar. Photo : Musée des Orcades.

La sépulture de Scar (Scar boat burial), qui est une inhumation dans un bateau, a été découverte en 1991 près du village de Scar, à Sanday, dans l’archipel des Orcades (tout au nord de l’Écosse !).

Elle date de 875 à 950 (par radiocarbone) et contenait les restes d’un homme, d’une femme âgée et d’un enfant, ainsi que de nombreux objets funéraires d’une grande qualité et dans un état de conservation exceptionnel.

Le bateau découvert mesurait 6,5 mètres de long et 1,5 mètre de large. De type « faering » (avec bordage à clin et rames), le vaisseau a été enterré dans une fosse bordée de pierres. Le bois du bateau a pourri mais il est demeuré plus de 300 rivets en fer.

Également, le sable contenu dans le revêtement du bateau ne correspondait pas au sable des Orcades, des Shetland ou du continent écossais, ce qui indique que le bateau n’a pas été fabriqué en Écosse et qu’il devait provenir, avec ses occupants, de la Norvège ou d’une autre terre nordique.

D’autre part, un mur de pierre a été construit à l’intérieur du bateau, formant une sorte de chambre dans laquelle se trouvaient les restes de trois personnes : un homme, une femme et un enfant.

L’homme était âgé d’environ 30 ans lorsqu’il est décédé, la femme d’environ 70 ans et l’enfant, de sexe inconnu, d’environ 10 ou 11 ans.

À leurs côtés, un trésor constitué d’objets exceptionnels avait été déposé afin d’accompagner les défunts dans leur nouvelle vie.

Les objets funéraires trouvés à côté de l’homme comprennent une épée, un carquois avec des flèches, un peigne en os et 22 pièces de jeu (photo ⬇️).

Les objets funéraires trouvés dans la sépulture-bateau de Scar, exposés dans la galerie Viking du musée des Orcades. Photo Tom Muir.

Près de la femme étaient déposés une splendide plaque en os de baleine (photo ⬆️) connue sous le nom de « plaque au dragon de Scar », une broche dorée (photo ⬇️), un peigne, des cisailles, une faucille et deux outils pour le tissage.

Détail du pommeau de l’épée incrusté d’argent trouvé dans la sépulture-bateau de Scar. Photo : Musée des Orcades.

Concernant la plaque en os de baleine avec les deux dragons, des plaques similaires ont été découvertes sur des sites associés à l’âge viking, dont une proviendrait d’une tombe située dans le nord de la Norvège. Même si certaines théories circulent (outil pour la fabrication de textile, « planche à repasser », « plateau de nourriture »), la fonction de ces plaques demeure à ce jour inconnue.

La cause du décès des trois individus inhumés est également à ce jour restée sans réponse.

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Sources : Olwyn Owen et Magnar Dalland, Scar: A Viking Age Boat Burial in Orkney, Tuckwell Press Ltd, 2001.

https://orkneymuseum.wordpress.com/…/the-vikings-part…/

Détail du pommeau de l’épée incrusté d’argent trouvé dans la sépulture-bateau de Scar. Photo : Musée des Orcades.

Un tumulus vieux de 6 000 ans découvert en République tchèque pourrait être l’un des plus vieux d’Europe !

Le tumulus néolithique et d’autres artefacts ont été découverts lors de fouilles le long d’une autoroute près de la ville de Hradec Králové, à l’est de Prague. (Crédit image : Département d’archéologie de l’UHK)

Le tumulus a été découvert lors de fouilles archéologiques à côté d’une autoroute entre la ville de Hradec Králové et le village de Sadová, à environ 88 kilomètres à l’est de Prague (République tchèque).

Le tumulus mesure environ 190 m de long et 15 m de diamètre sur sa portion la plus large. Les archéologues pensent qu’il date du IVe millénaire avant notre ère, ce qui en ferait l’un des premiers monuments funéraires les plus vieux d’Europe.

Grâce aux objets trouvés dans la sépulture, il est associé à la culture des vases à entonnoir (ou encore culture des gobelets à entonnoir, de l’allemand Trichterbecherkultur, souvent abrégé en TRB) qui occupait la région entre 3800 et 3350 avant notre ère.

Ce tumulus « représente le plus long tertre préhistorique non seulement de notre région, mais probablement de toute l’Europe », a déclaré Petr Krištuf, archéologue à l’UHK (University of Hradec Králové à Prague).

En plus des deux sépultures centrales du tumulus, qui étaient probablement celles de membres de haut rang de la communauté préhistorique qui l’a construit, environ 30 tombes datant de la même époque ont été localisées à proximité.

Les deux sépultures centrales du tumulus présentent des squelettes d’individus couchés sur le côté gauche, la tête tournée vers le nord.

Chacune des deux sépultures centrales du tumulus comprenait les squelettes d’adultes couchés sur le côté gauche, la tête tournée vers le nord, ainsi que des objets funéraires. (Crédit image : Département d’archéologie de l’UHK)

L’un des individus a été enterré dans une fosse avec des gouttières de chaque côté et des trous de poteaux dans les coins, ce qui permet de penser qu’à l’origine, une structure en bois devait être présente à l’intérieur du tumulus (le bois a ensuite pourri et disparu).

Cette personne a été inhumée avec un récipient en céramique qui a vraisemblablement été offert comme objet funéraire. La deuxième sépulture centrale contenait cinq morceaux de silex travaillés, dont une pointe de flèche et une lame tranchante.

Les chercheurs analysent toujours le site. Des traces de quatre tombes postérieures ont été découvertes dans le tumulus lui-même. Les archéologues espèrent découvrir si les personnes enterrées étaient liées entre elles.

« Les tumuli similaires en Europe centrale se composent généralement d’une seule, voire de deux sépultures », a déclaré l’archéologue Petr Krištuf. « De ce point de vue, il sera intéressant de voir comment les tombes découvertes sont liées les unes aux autres et si elles contiennent les sépultures de proches. »

« Les premiers résultats montrent que le tumulus monumental est resté en état durant de nombreux siècles et que les activités funéraires et rituelles de la population locale ont eu lieu à proximité », a déclaré Petr Krištuf. « C’était un lieu rituel important et un point de repère dans le paysage à cette époque. »

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Source : https://www.livescience.com/…/6000-year-old-burial…

Une tombe vieille de 4 500 ans, témoin du mélange des populations locales avec celles venues des steppes de l’Est !

Sept personnes enterrées dans le centre de la France il y a 4 500 ans, dont des individus d’origine steppique, tombe néolithique de Bréviandes (Champagne). Photo : INRAP

Une tombe datée du néolithique découverte à l’est de Paris près de la ville de Bréviandes (en Champagne), offre un instantané de l’une des migrations les plus importantes de la Préhistoire (si si, le néolithique est une période dite préhistorique) ayant transformé l’Europe. Des centaines de millions de personnes en Europe vivent d’ailleurs encore aujourd’hui en étant les descendants de cette migration millénaire.

Cette modeste fosse contient les restes de trois femmes adultes, d’un homme adulte, de deux jeunes enfants et d’un nourrisson, tous enterrés ensemble dans la même tombe au fil des décennies, il y a environ 4 500 ans.

C’est la généticienne Eva-Maria Geigl (directrice de recherche au CNRS et en paléogénomique à l’institut Jacques Monod à Paris), avec son équipe, qui ont analysé l’ADN des squelettes et ont publié le 19 juin dernier dans la revue Science Advances, les résultats de leurs travaux (lien en fin d’article⬇️).

Ils ont découvert que toutes les femmes dans la tombe avaient une ascendance exclusivement néolithique locale. Mais « à notre grande surprise, deux individus dans la tombe avaient des ancêtres steppiques » – l’homme adulte et l’un des enfants, un garçon – explique Geigl.

« Ce que nous avons vu chez l’homme adulte, c’est l’introduction d’une ascendance steppique en temps réel », dit-elle. « C’est l’individu le plus âgé d’origine steppique en France. »

L’équipe a ensuite analysé les gènes pour déterminer si les individus étaient étroitement liés. Ainsi, une femme néolithique d’une soixantaine d’années était la mère de l’homme adulte d’origine steppique et la grand-mère de son fils, âgé de 7 ans.

Les chercheurs ont alors reconstitué le génome de son partenaire, le grand-père disparu, et ont conclu qu’il devait avoir environ 70 % d’ascendance steppique.

Cette tombe et c’est exceptionnel, constitue la première preuve génétique individuelle d’une femme néolithique locale rencontrant et ayant des enfants avec un migrant des steppes.

« Nous savons que cela s’est produit partout », explique Maïté Rivollat, généticienne à l’Université de Gand (qui n’a pas participé à l’analyse). « Ce qui est nouveau, c’est que nous voyons le processus en cours, et ce n’est pas courant. »

Des études antérieures avaient montré que les migrants des steppes étaient généralement des hommes, ou du moins que les hommes des steppes étaient plus susceptibles d’avoir des relations avec des femmes néolithiques locales que l’inverse, laissant un héritage majeur sur le chromosome Y des hommes modernes.

(A) Carte montrant les emplacements géographiques des échantillons analysés la tombe de Bréviandes. Représentation schématique de la sépulture collective à Bréviandes.
(B) Âge estimé du décès et informations sur les haplogroupes uniparentaux des individus de Bréviandes.
(C) Schémas généalogiques montrant les relations de parenté entre les individus de Bréviandes.
(D) Graphiques généalogiques montrant la composante génomique des ascendances liées à la steppe et au Néolithique supérieur entre les individus de Bréviandes. Les proportions d’ascendance steppique ont été tracées sur la base d’une modélisation de mélange à trois voies qpAdm utilisant des agriculteurs néolithiques (ANF) du nord-ouest de l’Anatolie, des chasseurs-cueilleurs occidentaux (WHG) et des individus d’ascendance steppique représentés par des individus associés à la culture Yamnaya de la steppe pontique. La somme des proportions d’ascendance ANF et WHG indiquées comme ascendance du Néolithique supérieur. Les cases et cercles vides indiquent les individus non échantillonnés. Les lignes pointillées indiquent l’individu dont le génome est reconstruit. Les ossements blancs de la reconstitution iconographique de la sépulture, réalisée par E. Vauquelin, sont des ossements non attribués.
Photo crédit : Oğuzhan Parasayan et al., Late Neolithic collective burial reveals admixture dynamics during the third millennium BCE and the shaping of the European genome.Sci. Adv.10,eadl2468(2024).DOI:10.1126/sciadv.adl2468

La découverte de deux hommes des Steppes apparentés dans la tombe, ainsi que celle reconstituée du grand-père, correspond à ce schéma. Les femmes des steppes ne se mélangeaient pas aux agriculteurs locaux, contrairement donc aux hommes des steppes.

Une théorie expliquant cette relation à sens unique serait une violente invasion, au cours de laquelle de nombreux hommes néolithiques locaux auraient été tués.

Mais il y a d’autres possibilités.

La tombe de Champagne suggère ainsi plus une intégration/assimilation pacifique des peuples des steppes. Il n’y a aucun signe de violence et la tombe a probablement été ouverte à plusieurs reprises au cours de plusieurs décennies pour enterrer de nouveaux corps.

D’autre part, la sépulture comportait peu d’objets funéraires – une perle et une patte de chien –, il est donc difficile de la relier à une culture matérielle particulière.

Cela étant, l’ascendance métissée de la famille pourrait éclairer sur l’origine de l’une des cultures les plus répandues de l’Europe préhistorique, le Campaniforme.

En effet, à peu près au même moment où le groupe de Bréviandes était enterré, la culture du « campaniforme », caractérisée par des céramiques typiques (en forme de cloche, Bell-Beaker culture en anglais), commençait à se répandre à travers l’Europe, s’étendant dans sa phase finale du Danube à l’Irlande et jusqu’à l’Afrique du Nord.

Peut-être que cette nouvelle culture – que les archéologues ont retracée au travers de similitudes dans la poterie, les objets funéraires et l’architecture – est née de rencontres comme celle découverte à Bréviandes en Champagne.

« Ce que nous avons vu dans le nord de la France était vraiment le début d’une transformation en Europe occidentale, où des personnes issues des steppes rencontraient des personnes en provenance de la péninsule ibérique », explique Geigl.

« Cette rencontre de deux sphères culturelles, parallèlement à la génétique, a conduit à la première culture paneuropéenne. »

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Sources : Oğuzhan Parasayan et al., Late Neolithic collective burial reveals admixture dynamics during the third millennium BCE and the shaping of the European genome.Sci. Adv.10,eadl2468(2024).DOI:10.1126/sciadv.adl2468

https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.adl2468

https://www.science.org/…/ancient-family-burial-tells…

Découverte d’un lac sacré associé aux Celtes en Pologne !

Essai de reconstitution de la culture celtique en Pologne (environ 3ème siècle avant notre ère), Musée d’archéologie de Cracovie (Pologne, Muzeum Archeologiczne w Krakowie). Photo wikimedia commons.

Des archéologues de l’Université de Varsovie ont annoncé la découverte d’un lac « rituel » associé à la culture celtique, dans le centre-nord de la Pologne (au-dessus de Poznan), non loin de Bydgoszcz.

Recherches archéologiques sous-marines dans le lac. Odkrycie archeologów podwodnych z UW. Źródło: Wydział Archeologii UW

La découverte de ce site sacré s’est faite grâce à une précédente découverte, celle d’une épée datée du 3ème siècle avant notre ère (conservée dans la collection du Musée des Forces terrestres de Bydgoszcz). Des chercheurs de l’Université de Varsovie ont pris contact avec la personne ayant trouvé l’épée, et celle-ci les a conduits vers un lac situé dans la région historique de Kuyavia.

Les fouilles sous-marines ont mis au jour des faucilles, des fragments de fourreaux en fer, des éléments de ceinture à anneaux (pour accrocher les armes) déposés en tant qu’offrandes rituelles dans le lac. Les objets trouvés sont datés du 3ème siècle avant notre ère et appartiennent à la culture celtique.

Fragment d’une ceinture à anneaux. Photo Miron Bogacki.

Selon Bartosz Kontny, doyen du Département d’archéologie de l’université de Varsovie et chef du Laboratoire d’archéologie sous-marine, cette découverte est le premier exemple d’un lac « rituel » associé aux peuples celtiques, découvert en Pologne.

« Personne ne s’attendait à ce que les Celtes se trouvent aussi loin au nord [en Pologne] au troisième siècle avant JC. Jusqu’à présent, on pensait que les peuples celtiques n’avaient atteint la région de Kuyavia qu’au premier siècle avant JC », a ajouté Kontny.

Cette découverte d’artefacts celtiques datés du 3ème siècle avant notre ère entraîne ainsi une révision de ce qui avait été établi précédemment sur la culture celtique en Pologne.

Et en raison de l’importance de la découverte, l’emplacement exact du lac reste confidentiel afin d’éviter toute perturbation, destruction ou tout pillage du site. Le lieu ne sera probablement annoncé qu’une fois les recherches terminées, prévues pour l’automne de cette année.

On a hâte d’en savoir plus sur ces celtes « polonais » !

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Sources : https://naukawpolsce.pl/…/news%2C103166%2Carcheolodzy-z…

https://www.uw.edu.pl/pierwsze-rytualne-stanowisko…/…

Fragment de fourreau celtique trouvé dans le lac. Photo Miron Bogacki.

Préparez-vous à un nouveau voyage dans le temps !

Bélénion éditions a le plaisir d’annoncer la future publication, par nos soins, d’un tout nouveau roman historique se déroulant durant l’Antiquité tardive…

On a mis du temps pour vous préparer cette pépite mais à Bélénion éditions, on aime les récits passionnants, de grande qualité littéraire et bien-sûr entièrement « sourcés »…

Suivez-nous pour en savoir plus !

Nous dévoilerons ces prochaines semaines la thématique, le titre et l’auteur…

Avec Bélénion éditions, l’Histoire devient vivante 🙃