5 questions à Alban Leloup, auteur talentueux spécialiste de l’Antiquité tardive, dont le premier roman historique intitulé « Par ce cri tu vaincras », vient de paraître !

En guise d’introduction et pour ceux qui ne connaitraient pas encore : le récit épique de Par ce cri tu vaincras conte les aventures palpitantes et initiatiques de l’évêque Germain en Grande-Bretagne, à l’aube de la naissance du fameux roi Arthur…

1 — la passion de saint germain (sans jeu de mots !), ça te vient d’où ?

Heureusement pour lui, Germain l’Auxerrois n’est pas un martyre, il n’a pas connu la passion dans ce sens ! Quant à savoir pourquoi je me suis intéressé à son cas, tout a commencé avec un film. Je veux parler du King Arthur d’Antoine Fuqua, sorti en 2004. Vendu partout comme « la véritable histoire du Roi Arthur », il s’est révélé un véritable désastre sur tous les plans, mais il m’a permis de découvrir l’existence d’un évêque gaulois qui, à l’époque des invasions saxonnes, s’est mêlé aux affaires de l’île de Bretagne. Dans le film de Fuqua, l’évêque « Gnaeus Germanus » (interprété par l’acteur italien Ivano Marescotti) est un affreux personnage, mais sa scène d’introduction m’a suffisamment impressionné pour me donner l’envie de me renseigner sur le personnage historique qui se cachait derrière…

2 — quel est le cliché sur cette période qui te met le plus en rogne ?

Le cliché par excellence, c’est celui qui consiste à dire : « L’Empire romain s’est effondré à cause des invasions barbares ». Pour commencer, ces prétendues « invasions » étaient pour la plus grande part des migrations, le plus souvent — mais certes pas toujours — pacifiques. Au-delà de ça, on ne peut pas expliquer le déclin de l’Empire romain par un seul fait historiquement isolable ! Plus qu’une « chute », ce fut en réalité une longue descente où s’entremêlaient une kyrielle de facteurs politiques, économiques et même météorologiques… En Histoire comme pour tout le reste, attribuer une cause unique à un phénomène complexe n’a pas de sens.

3 — est-ce que dans ton roman, tu as quand même dû utiliser un cliché lié à la culture pop-antique et pourquoi ?

Mon projet d’écriture ne vise pas l’exactitude, tout simplement parce que c’est impossible de recréer des événements aussi anciens, mais plutôt la « vérisimilitude », c’est-à-dire une certaine qualité de réalisme. Comme en atteste l’appareil de notes, j’ai fait de mon mieux pour inclure beaucoup de « vrai » dans cette histoire. Mais un roman reste une œuvre de fiction quoi qu’il arrive, il ne faut jamais prétendre le contraire ! Et puisque mon projet est en partie inspiré des mythes arthuriens, je n’ai pas pu m’empêcher d’y inclure des personnages d’historicité douteuse. Le haut-roi Vertigier (équivalent de Vortigern dans la matière de Bretagne) est sans doute un cliché de souverain malveillant et cruel. Un « chef barbare », en somme.

4 — quel est l’historien ou archéologue que tu apprécies le plus dans sa vision scientifique de l’Antiquité tardive et pourquoi ?

Pour ce qui est de la France, je pense bien sûr à Claire Sotinel. Son ouvrage Rome, la fin d’un empire. De Caracalla à la fin du Ve siècle, publié chez Belin il y a quelques années, est une ressource précieuse ! J’aime son approche nuancée de la période. Sans renier les combats de ses prédécesseurs — dont Henri-Irénée Marrou — qui ont lutté pour « redorer le blason » de l’Antiquité tardive, elle n’hésite pas à souligner les difficultés économiques et sociales de la période.

5 — question bonus ⚠️ : si demain, c’est le black out, on n’a plus d’électricité, on retourne donc sur les aspects de vie quotidienne, à l’antiquité tardive… quel est l’atout d’un reconstituteur tardo-antique face à ce nouveau monde moderne et ancien à la fois ?

Les reconstituteurs et reconstitutrices en général tendent à être des gens débrouillards, quelle que soit leur période de prédilection. Ils savent faire du feu, travailler des matériaux naturels, et ils ont l’habitude de trouver, à travers l’expérimentation, des réponses pragmatiques à des problèmes concrets. Mais je ne m’inclus pas vraiment dans cette description, avec mes deux mains gauches et ma psychomotricité défaillante ! Par contre — et c’est un trait que je partage avec Germain — il se peut toujours que j’aie lu quelque part chez Pline l’Ancien ou chez Columelle l’une ou l’autre information dont on puisse se servir…

🙏Grand merci à toi Alban pour ces réponses qui nous permettent d’aller plus loin !

👉Le roman Par ce cri tu vaincras d’Alban Leloup est disponible en édition limitée dédicacée ! 📖🖋️

L’édition limitée à 50 exemplaires comprend le roman, un marque-page et une carte antique format A5 dédicacée par l’auteur.

Cette carte antique est d’après les calculs du géographe (du IIe siècle) Claude Ptolémée et a été réalisée par le graphiste Nicholas Geering.

Le prix de cette édition limitée, 22€, est le même que celui du roman seul.

Cette édition limitée est uniquement disponible sur notre site ➡️www.belenion.fr

Vous pouvez également commander le roman sur toutes les plateformes habituelles (Fnac, etc.).

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