
L’ours, sculpté dans l’ambre, est une figure emblématique du mésolithique.
C’est quoi le mésolithique ?
Vers – 10 000, suite à un brusque réchauffement climatique, le paléolithique s’efface pour laisser place au mésolithique (qui lui prend fin avec le Néolithique et l’arrivée des premiers agriculteurs).
Le mésolithique voit de nouveaux comportements (notamment l’utilisation de l’arc), qui s’adaptent au nouvel environnement. Toutefois, les modes de vie demeurent ceux du paléolithique, basés sur la chasse, la cueillette et la pêche.
Même si la spiritualité des hommes du mésolithique ne peut être retrouvée à partir de l’archéologie, les découvertes révèlent une relation étroite entre l’homme et son milieu naturel.
Des ours au Danemark :
Au Danemark, plusieurs ours en ambre ont été trouvés (voir photo ⬇️). Les formes sont élégantes et d’un réalisme naturel saisissant. Les personnes qui les ont fabriqués devaient avoir une bonne connaissance de cet animal.

On notera que ces figurines d’ours, comme beaucoup d’autres amulettes d’ambre zoomorphes de la période, ont été trouvées dans des tourbières ou sur des plages. Elles peuvent donc être difficiles à dater mais leur appartenance à la période mésolithique est largement admise par les scientifiques.
De légères rainures, probablement créées par le frottement d’une ficelle, peuvent être observées autour du cou de ces ours en ambre. Ainsi, ils auraient pu être portés comme pendentifs ou amulettes.
L’ours a toujours joué un rôle important pour les populations vivant dans l’hémisphère nord et c’est peut-être à cause de son comportement « humain » (il peut se tenir debout, est omnivore, etc.).

Le fait également qu’il hiberne pouvait lui donner un statut symbolique particulier, lié au renouveau de la nature.
Il devait être un animal imposant, majestueux et fascinant pour ces populations.
L’ours, un animal symbole puissant :
Dans de nombreuses sociétés de chasseurs-cueilleurs, une relation particulière entre les personnes et diverses espèces d’animaux, a toujours été observée. L’ours en fait partie. Chez les Amérindiens et les Sibériens, il est notamment associé aux chamanes, ces personnes qui voyagent entre le monde des vivants et celui des esprits.
L’attrait dont l’ours a fait l’objet durant la fin du paléolithique et le mésolithique a laissé de solides traces dans l’imaginaire et les mythologies (par exemple la déesse Artémis dont l’animal symbole est l’ours et son nom même signifie « ourse »), jusqu’au cœur du Moyen Âge chrétien : « En fait, à l’époque carolingienne, dans une large partie de l’Europe non méditerranéenne, l’ours apparaît encore une figure divine, un dieu ancestral dont le culte revêt des aspects variés mais demeure solidement ancré et empêche la conversion des peuples païens. Partout, ou presque, des Alpes à la Baltique, l’ours se pose en rival du Christ« , écrit l’historien Michel Pastoureau, spécialiste de l’histoire culturelle des animaux.
Mais revenons à nos ours en ambre du mésolithique, pourquoi les sculpter dans de l’ambre ?
Car c’est un matériau naturel qui possède des propriétés uniques électrostatiques, il est également translucide et sa couleur peut faire penser au soleil. Il peut donc avoir un aspect « magique ».
L’extraordinaire figurine en ambre représentant un ours, trouvée sur une plage de l’île danoise de Fanø, dans la mer du Nord, datée de -12 500 à -3 900, est exposée au Musée national du Danemark à Copenhague.
Avec ce lien du musée danois ➡️ https://samlinger.natmus.dk/do/asset/4158, vous pouvez admirer l’objet sous toutes ses formes, à 360°.
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https://www.inrap.fr/le-mesolithique-10205
PASTOUREAU Michel, L’ours, Histoire d’un roi déchu, Paris, Seuil, 2007.