Les Yamnayas, ce peuple nomade originaire des steppes pontiques (à l’extrémité occidentale de la grande plaine eurasienne), ne figurent dans aucun livre d’histoire à l’école et pourtant ! Venus du nord de la mer Noire, ils sont supposés avoir « conquis » les territoires correspondant aujourd’hui à l’Europe, il y a environ 5 000 ans. Et la majorité des Européens actuels aurait 35 % de gènes qui leur seraient liés.
Les Yamnayas sont un peuple d’éleveurs nomades de l’âge du bronze, il y a environ 4000 à 5000 ans. Ils auraient été les premiers à avoir mis au point le chariot à roue tiré par des bovins. Ils sont aussi connus parce qu’ils enterraient leurs défunts dans des tumuli appelés « kourganes ». Voir photo ![]()

Si les Yamnayas ont pu s’implanter au fil des siècles sur les territoires « européens », c’est en partie car ils auraient été des individus plus grands et en meilleure santé que les « Européens » présents à l’époque. Mais, surtout, c’est un fait culturel qui les aurait grandement aidés : la pratique de l’équitation. Ils sont en effet les premiers à avoir monté des chevaux pour se déplacer et pour guider leurs troupeaux. Cette coutume équestre leur aurait ainsi donné un avantage fondamental dans leur traversée et dans leur établissement en « Europe ».
Une étude dont les résultats ont été rendus publics en mars dernier (First bioanthropological evidence for Yamnaya horsemanship, Science Advances – Volume 9 | Issue 9 – March 2023), s’est focalisée sur 217 squelettes provenant de différents sites en Europe, des chercheurs de l’université d’Helsinki en Finlande ont découvert que 150 d’entre eux provenaient d’individus de la culture des Yamnayas et certains de ces squelettes portaient des traces physiques caractéristiques causées par la pratique de l’équitation. Les archéologues ont déterminé six critères, lesquels ensemble, tendent à fournir la preuve de la pratique de l’équitation. Ces critères se nomment « pathologies de l’équitation ».
D’autre part, dans une tombe découverte à Csongrad-Kettőshalom en Hongrie, les archéologues de l’université d’Helsinki ont fait une autre trouvaille intéressante. Ils ont découvert une tombe dont l’individu n’était pas un Yamnaya, car il vivait environ 4300 ans avant notre ère. Des analyses de son squelette ont permis de mettre en évidence la présence de quatre « pathologies de l’équitation » sur les six. Cette découverte pourrait donc signifier que certains individus ont pu monter à cheval au moins 1000 ans avant les Yamnayas.

À quoi ressemblaient ces chevaux des steppes ?
Martin Trautmann de l’université d’Helsinki déclare que les chevaux des Yamnayas étaient plus petits que les chevaux actuels. « Ils possédaient un torse développé et puissant et des jambes courtes et trapues, à l’instar des chevaux de Przewalski », révèle-t-il. Voir photo ![]()

Une pratique de l’équitation dans quel but ?
Les scientifiques estiment que le cavalier s’agrippait à son cheval, sans selle ni étriers (les selles n’apparaissent qu’après l’an 1000 avant notre ère, tandis que les étriers ne devaient apparaître que plus tard encore). Malgré l’inconfort et la difficulté que cela impliquait, les chercheurs n’écartent pas entièrement la piste d’une fonction guerrière de ces premiers cavaliers, même si l’utilité du cheval dans ce registre était sans doute relative.
En somme, comme l’a déclaré Martin Trautmann de l’université d’Helsinki, un des signataires de l’étude, «il s’agissait de cowboys, et non pas de guerriers » ![]()
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Sources : https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.ade2451#F5
https://www.livescience.com/worlds-1st-horseback-riders…